LOGO Actualités       Contact

La SFEJ

Publications Bulletins
Bibliographies
Annuaire
Adhésion Archives Études

Liens

Plan du site
Accueil > Archives >7ème Colloque, 2006 > Session

Session A : « Corps privés, corps publics, corps inventés »


Président : Anne Gonon (professeur, Université de Doshisha, Kyôto)


Fabienne Duteil-Ogata

Les pratiques funéraires des animaux de compagnie : nouveaux traitements, nouvelles corporéités

New Practices, New Bodies : Urban Funerary Rites for Pets


Depuis quelques années, le nombre des animaux de compagnie n’a cessé de croître au Japon, représentant un réel phénomène de société si l’on considère le développement de la presse spécialisée ou l’augmentation des établissements de toilettage. Si la catégorie des animaux de compagnie n’est pas totalement nouvelle, sont nouvelles en revanche les manières de la formaliser. En la matière, la mise en place de pratiques funéraires inédites s’avère particulièrement intéressante parce qu’elle dote soudain les animaux de compagnie d’un corps dont le traitement s'apparente à celui des hommes.

Comme pour les hommes, le mode d’inhumation principal est devenu la crémation, qui plus est parfois individuelle ; comme pour les hommes, les animaux sont représentés au moyen d’une photographie disposée sur l’autel ; comme pour les hommes, ils reçoivent régulièrement des offrandes alimentaires, florales et d’encens ; comme pour les hommes, enfin, ils font l’objet de rites post-mortem (rites anniversaires de la mort). Cette proximité incite en outre les officiants bouddhiques, sollicités par leurs paroissiens, à élaborer une rhétorique conforme au dogme.

J’examinerai ces dispositifs matériels, visuels et rhétoriques, à partir d’un terrain ethnographique réalisé en avril-mai 2005 auprès de monastères bouddhiques traditionnels (dédiés aux hommes) et auprès d’institutions spécialisées dans les pratiques funéraires des animaux de compagnie principalement à Tôkyô mais également dans d'autres villes au nord de Kyushû.

fabienne.duteil-ogata@9online.fr

ATER

ATER au département de sociologie de Université Paris X et Post-doctorante du Laboratoire d'anthropologie urbaine, CNRS UPR 34-Ivry


CV - domaine de recherche
:
2007-2006 : ATER au Département de Sociologie Université Paris X
2006-2005 : ATER au Département d'Études japonaises, Université Strasbourg II
2005-2004 : Chercheure de l' Ecole Française d'Extrême-Orient (EFEO) à Paris/Toulouse

Bibliographie :
2006 : "Projet de construction d'un cimetière dans un sanctuaire shintô : enjeux économiques et symboliques", in Japon Pluriel 6, Actes du Sixième Colloque de la Société Française des Études Japonaises, Arles, Éditions Philippe Picquier : 307- 316.

2006 : “Une journée ordinaire dans un sanctuaire shintô de Tôkyô"" in Ateliers n°30 Ethnographies japonaises, Revue du laboratoire d’ethnologie et de sociologie comparative de l’Université Paris X : 225-250.

2005 : "Bunka jinruigaku to shashin : kenkyû hôhô toshite no shashi"(Anthropologie culturelle et photographie : la photographie comme outil d'analyse) in Bunka jinruigaku dai rokkan (Journal of Cultural Anthropology n°6 , Société d'anthropologie culturelle de l'Université Waseda, Tôkyô, : 49-69.

2005 : " Le fait religieux : rupture et continuité :1854-2004 :" in Jean-François Sabouret (dir.) La dynamique du Japon. Paris, Éditions Saint-Simon : 293-303.


Sophie Houdart

Catégorisation de la personne nouvelle formule : les bases de données informatiques utilisées dans les dessins d’architecture

A New Way of Categorizing People: Computer data bases in architectural drawings


Le projet architectural peut être défini comme une production graphique – un espace de représentation auquel on a accès au travers d’effets visuels. Au nombre des documents (plans, sections, détails, etc.) qui servent à figurer le bâtiment, les dessins en perspective constituent des outils décisifs de conviction en ce qu’ils font émerger le bâtiment non encore existant dans l’espace informatique virtuel. Chargés de « rendre » l’espace, de rendre le bâtiment en projetant des usages potentiels, des lumières, des choses aussi insaisissables qu’une atmosphère, les dessins en perspective sont composés à l’aide d’outils informatiques d’aide à la conception. Elément clé du dessin : les personnages, issus de catalogues d’êtres humains rendus disponibles sur Internet par des designers graphiques. Ces catalogues réunissent souvent des photographies de personnes « tout prêtes », « prédécoupées », en situation (« Personnes travaillant », « Personnes en week-end »…) mais sans contexte. Il s’agit souvent d’acteurs embauchés pour figurer, dans des poses censément représentatives, une gamme de comportements humains. Le recours aux outils de conception standardisé ne doit pas empêcher de considérer ce nouveau médium, en contexte japonais, comme un moyen de constituer des catégorisations humaines inédites.

Sur la base de données issues d’un terrain chez des infographistes japonais, travaillant pour des architectes, je propose, dans cette communication, de rendre compte de la production et de l’utilisation de ces nouvelles catégories, qui envisagent différemment la personne dans son être social. En particulier, il s’agira d’interroger le collectif – ou le peuplement du monde – inédit que les designers soumettent au moment de donner figure au projet architectural, dans le cadre de l’Expo Aichi 2005.

  sophie.houdart@mae.u-paris10.fr

Chargée de recherche au CNRS

CNRS, UMR 7535, Laboratoire d’ethnologie et de sociologie comparative


CV - domaine de recherche
:
1994 : Maîtrise d’ethnologie : « L’homme et l’animal dans la littérature classique japonaise de Heian, 794-1185 », mention Très Bien, Paris X, Nanterre

1994 : DULCO de Japonais, INALCO
1997 : Licence de Japonais, Institut National des Langues et Civilisations Orientales (INALCO)

2000 : Thèse doctorale d’ethnologie : « Et le scientifique tint le monde – Ethnologie d’un laboratoire japonais de génétique du comportement » (mention très honorable avec félicitations à l’unanimité et proposition pour publication), Paris X, Nanterre

Mars 2001- février 2002 : Bourse post-doctorale accordée par la Japanese Society for the Promotion of Science (JSPS, Monbushô), Département d’Anthropologie culturelle de l’Université de Tôkyô

Mai 2001 : Admission au concours du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), Chargée de Recherche CR2. Membre du Laboratoire d’ethnologie et de sociologie comparative (UMR 7535) depuis le 1er mars 2002

Bibliographie :
S. Houdart, 2002, « On a découvert une mouche homosexuelle ! » - La mise en événement d’un objet scientifique, Terrains, 38 : p.97-112.

S. Houdart, 2002, « Paysage et jardin : Un autre regard. Japon, hiver 2001-2002 », Ebisu, 28 : p.243-254.

S. Houdart, 2002, « L’image ou sa dissolution au moment de la préparation de l’Exposition internationale japonaise de 2005 », Autrepart, 24 : p.141-166.

S. Houdart, 2003, « Quand la culture prend formes – A propos d’Alban Bensa, Ethnologie et architecture », L’Homme, 166 : p.217-224.

Cécile Didierjean, S.Houdart, 2003, « Analyse comparée des transplantations d’organe aux Etats-Unis et au Japon » (compte-rendu du livre de Margaret Lock, TWICE DEAD – Organ Transplants and the Reinvention of Death. Berkeley, University of California Press, 2002, 429p.), Ebisu, n°31, Automne-Hiver, Maison franco-japonaise, Tôkyô: 187-191.

S. Houdart, 2003, « Du bon usage de l’orientalisme », in Beyond Shrinking Japan – International Architecture Workshop in Sendai, Champ Libre, Montpellier : p.32-34.



Cécile Iwahara

D’un mouvement des hanches à une vision du monde : « dépasser ses limites » pour les danseuses d’une compagnie de butô

From a movement of the waist to a world conception : « to surpass oneself » in a female butô compagny


Pouvoir parler du butô comme d’un genre de danse est le résultat d’un processus, depuis la fin des années 50, à la fois d’élaboration stylistique et théorique par ses fondateurs et de reconnaissance par un public dont les discours ont influencé en retour l’évolution des styles. Mais ce processus s’est fait parallèlement à la réactivation constante du principe qu’il n’est pas, justement, un genre. D’où cette tension constante, propre à toute avant-garde qui perdure, entre l’exigence d’originalité et un attachement à des manières bien particulières de concevoir le principe revendiqué d’ « intériorité » du mouvement de telle sorte qu’à l’inverse, certains syncrétismes ou innovations sont perçus comme des trahisons. Cette ambivalence met à jour la malléabilité de ces notions d’ « intériorité » et de « soi » que l’univers du butô conceptualise constamment et qui fait de la définition de cette danse une question sans fin. Pour la détourner, je m’intéresse aux processus d’élaboration et de transmission de nouvelles anatomies du corps et du mouvement dans le cadre de stages et de création chorégraphique d’un réseau de danseur à Kyôto.

Je m’intéresserais ici à la manière dont la valeur du « dépassement de soi » est construite et redéfinie à travers le parcours des danseuses d’une compagnie et plus particulièrement leurs activités et prises de position au cours de quelques mois. A l’intérieur de quels cadres discursifs et gestuels ce « dépassement des limites » est-il recherché ? Quels sont les procédés qui leurs sont « efficaces » pour y parvenir ? Nous verrons comment cet affect ou « pensée incarnée » socialement construite qu’est le « dépassement de ses limites » se redéfinit selon un processus de construction mutuelle des gestes et des discours, redéfinition qui donne aussi lieu à une réorganisation relationnelle. Le critère étant affectif, les procédés utilisés n’ont de valeur que par leur qualité d’être des formes contre-intuitives suscitant cette sensation de dépassement. Parmi ces procédés, les techniques estampillées japonaises se révèlent ainsi « efficaces » parce que d’autant plus contre-intuitives ou exotiques qu’elles sont « japonaises ».

cecileiwahara@hotmail.com

Doctorante Laboratoire d'ethnologie et de sociologie comparative

Paris X Nanterre


CV - domaine de recherche
:
2003-2006 : allocataire de recherche
2003 : DEA d'anthropologie, Nanterre Paris X
2000 : Maîtrise de philosophie de l'art contemporain, Sorbonne Paris 1



Erick Laurent

Les spécificités japonaises quant àla “participation sexuelle” dans la recherche de terrain en anthropologie sexuelle

Depuis le début des années 1990, un corpus d’articles d’anthropologie de plus en plus volumineux traite de la dimension sexuelle des relations sur le terrain, centrée sur les ethnologues. Le dogme de l’anthropologue asexué est cependant encore vivant, au même titre que l’anthropologue apolitique ou politiquement correct. La sexualité de l’ethnologue en terrain serait-elle le dernier tabou? On sait depuis cette époque qu’il convient de parler des pulsions, besoins et relations sexuels aussi bien des informateurs que des ethnologues, au même titre que d’autres aspects des relations humaines sur le terrain.

L’interrogation que je livre est née d’un étonnement. Pourquoi avoir été une “cible” sexuelle à l’occasion d’une recherche d’anthropologie sexuelle au Japon, alors que ce ne fut le cas ni dans d’autres aires culturelles ni pour d’autres recherches au Japon non centrées sur la sexualité?

L’observation participante s’est déroulée dans une dizaine de villes moyennes au travers de rencontres informelles ainsi que d’entretiens formels avec un questionnaire développé selon 3 axes (identité, sens de la communauté, socialisation). La recherche d’informateurs s’est effectuée dans 3 directions : réseaux personnels (bouche à oreille), rencontres dans les lieux homo-marqués (bars, parcs, …), petites annonces dans les magazines spécialisés et sur le Net.

Un tableau typologique des réponses aux demandes d’entretien a été dressé, incluant les réactions du chercheur, les implications heuristiques et épistémologiques pour un contexte culturel japonais, en milieu gay.
En conclusion, la ”participation sexuelle” s’avère utile heuristiquement (en permettant l’accès à certaines données) voire nécessaire (pour la recherche d’informateurs) dans un contexte de recherche de terrain sur les homosexualités au Japon. En effet, les composantes sexuelles sont inscrites dans la méthodologie elle-même (qui emprunte les territoires sexués de recherche de partenaires) ; un chercheur homosexuel, de par ses seuls présence et statut, se trouve nolens volens inséré par les informateurs au sein d’une typologie des désirs sexuels extrêmement prégnante, et par la même sexué ; la relative absence de tabous et de préceptes moraux ou religieux regardant le corps et la sexualité au Japon favorise également en l’occurrence une “participation sexuelle”.

Professeur

Université des sciences économiques de Gifu - anthropologie culturelle


CV - domaine de recherche
:

Bibliographie :

 

ⓒ2002-2011 - SOCIETE FRANCAISE DES ETUDES JAPONAISES