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Session C : « Rapport au corps : entre
construction et destruction »
Président : Jean-Pierre Berthon (CNRS)
Yves Cadot
Kanô Jigorô, ou le corps véhicule
Kanô Jigorô and the body
as a vehicle
Kanô Jigorô (1860-1938) est le fondateur du jûdô,
discipline dans laquelle limportance du corps est indéniable.
Il est également lun des pères de léducation
physique au Japon, dont il crée une section de formation des professeurs
au sein de lEcole Normale Supérieure de Tôkyô
ainsi que le fondateur et président du comité
olympique asiatique qui permettra la participation dune délégation
japonaise, dès 1912, à cette manifestation internationale
encore une fois centrée sur le corps.
Mais Kanô Jigorô est également issu de la première
promotion de lUniversité de Tôkyô (1877-1881),
diplômé en sciences économiques, sciences politiques
et philosophie. Il est le fondateur de plusieurs écoles privées,
a été directeur de lycée, directeur de lEcole
Normale Supérieure de Tôkyô, a siégé
dans les commissions ordinaires et extraordinaires du Ministère
de léducation dès 1892, a été membre
de la Chambre des Pairs.
Il est aussi lauteur douvrages de présentation de la
philosophie occidentale, de règles de comportement de la jeunesse,
auxquels il faut ajouter de nombreux articles, discours, conférences,
préface ou contributions dans différentes revues.
Létude de ces textes montre différents champs dintérêt
: éthique (relation à soi, relation à lautre),
vie sociale, vie économique, relations internationales, développement
intellectuel, posture (physique et mentale), vie politique
Autant de préoccupations qui paraissent éloignées
du corps. Pourtant, chez Kanô Jigorô, il est tout à
fait essentiel, central même. Nous tenterons, dans cet exposé,
dune part de montrer par quel cheminement personnel Kanô Jigorô
en vient à considérer le corps comme un « véhicule
», par lequel, grâce à une formation adaptée,
lindividu peut être amené à se découvrir,
à modifier son rapport à lui-même, et partant, son
rapport à lautre, aux autres, à la société
et au monde ; et dautre part comment il en arrive à fonder
une méthode destinée à la transmission de cette expérience.
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yves.cadot@free.fr
doctorant
Inalco/Cej |
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CV - domaine de recherche :
Bibliographie :
DEA, « un combat contre le temps recherche sur laction
et les écrits de Kan_ Jigor_ entre 1882 et 1898 » (juin
2000, Inalco, mention TB)
Maîtrise, « Seinen de Mori Ôgai 1910. Itinéraire
dun enfant de Meiji. » (juin 1997, Inalco, mention TB)
Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM-IESTO) Mastère
en management de projets internationaux et ressources humaines (2001-2002)
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Jean-Charles Juster
Danse et martialité sur lîle dOkinawa :
utilisation du corps vecteur didentité
Dancing and martiality on Okinawa: use of the body as a mean of identity
expression
Aux Ryûkyû, cest avec lémergence
dun état centralisé que la culture de cour se développa
au XVe et XVIe siècles. Sous le patronage royal, lensemble
de ce que lon appelle à lheure actuelle danses classiques
prit son essor, de la même manière que les arts martiaux.
Ainsi, les guerriers (samurê), pratiquaient aussi bien lart
du combat que celui de la danse qui étaient leurs apanages, et
devaient sans doute introduire des éléments pugilistiques
dans le seul genre où ils pouvaient faire apparaître leur
masculinité: nisê udui (ils étaient en effet travestis
pour faire ressortir de la grâce dans les danses féminines,
et grimés en vieillard pour exprimer de la faiblesse dans la danse
des anciens). Avec la chute du royaume, arts martiaux et danses pénétrèrent
les couches populaires urbaines et rurales, notamment par lintermédiaire
du système scolaire.
A lheure actuelle, les nisê udui sont transmises et représentées
selon 2 canaux bien distincts : les écoles et théâtres
basés à Naha, et les maisons communales des hameaux du centre
et du nord de lîle dOkinawa. Dans ces villages, les
rites de fertilité des sols constituent loccasion principale
de les donner devant un public. Cest en ces lieux et aux mêmes
moments que des séquences avec bâton sont exécutées.
Les plus importants chercheurs (Gibo Eijirô, Yano Teruo, Satô
Takako) lavancent sans détour : il y a dans les danses masculines
des éléments provenant du karaté. Pareillement, les
maîtres de danses expliquent que ces pièces reposent sur
cet art martial. Néanmoins, il demeure un manque : personne nexplique
et nexpose ses rapports.
A linverse, les séquences avec bâtons des hameaux sont
critiquées par les spécialistes martiaux pour ne pas être
du combat au bâton bôjutsu.
En nous fondant sur la forme (kata) du mouvement, nous chercherons à
montrer que dans certains cas des gestes empruntés au karaté
sont présents en danses masculines, tandis que dautres sont
déformés ; indiquant que les rapports entre les deux arts
ne sont pas en fait si étroits ni systématiques. Nous ferons
de même pour les séquences avec bâtons et le bôjutsu.
Ces différences au niveau de la correspondance entre mouvements
martiaux dans les danses, et cette volonté de la part du monde
chorégraphique dOkinawa de lier absolument danse et martialité
font ressortir la façon dont les habitants dOkinawa expriment
leur lidentité à la fois par rapport au Japon métropolitain,
où ce type de relations est beaucoup moins omniprésent,
et entre hameaux voisins en cherchant à se différencier
en adoptant des formes de corps propres.
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jcjuster@hotmail.com
Doctorant allocataire, Boursier du gouvernement japonais
INALCO |
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CV - domaine de recherche :
2005-2006 : étudiant boursier du gouvernement japonais
à luniversité départementale des Arts
dOkinawa
2003-2006 : doctorant allocataire en Etudes japonaises, INALCO.
Recherches sur les rapports entre la danse et la martialité
à Okinawa
2003-2004 : licence dethnologie, Paris X Nanterre
2002-2003 : DEA Hautes Etudes asiatiques et Pacifique, spécialisation
japonais : Introduction aux danses des Ryûkyû, INALCO
2001-2002 : maîtrise llce de japonais : La japonisation du
karaté par Funakoshi Gichin de 1922 à 1939 : le karatedô,
INALCO
Bibliographie :
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Gérald Mialou
Les suicides: paroxysme de la violence de Kitano Takeshi
Suicide : paroxysm of violence in the Kitano Takeshi s
movies.
Avec lobtention du Lion dor au Festival de Venise de 1997
pour son Film Hana-Bi, Kitano Takeshi est devenu un réalisateur
internationalement reconnu. Depuis, le public de nombreux pays a pu découvrir
ses uvres passées et avoir un meilleur accès à
ses plus récentes réalisations. Mais les critiques du monde
entier nont également pas tardé à pointer du
doigt la violence montrée sous diverses formes dans les douze longs
métrages dont Kitano est à la fois scénariste, réalisateur,
monteur et bien souvent acteur.
Que la violence soit directement ou suggérée, elle est daprès
Kitano Takeshi, systématiquement justifiée. Aucune violence
nest gratuite, aucune image na pour simple but de choquer
ou de divertir le spectateur, même sil avoue bien volontiers
vouloir « trahir les attentes » de son public. La
violence physique est directe, brutale, agressive. Les coups sont montrés
sans détour, et les fusillades succèdent aux agressions
de toutes sortes. Dans Hana-Bi par exemple, les spectateurs peuvent assister
à des sommets de cruauté lorsque linspecteur Nishi
installé au comptoir dun bar, plante des baguettes dans lil
dun Yakuza venu lui réclamer le remboursement de sa dette.
Mais derrière cette violence se cache non seulement la volonté
de servir le scénario et daccompagner les personnages vers
leur destin, mais également lintention avouée du réalisateur
dinstaller en arrière plan une violence plus lancinante,
plus discrète mais tout aussi agressive, la violence morale. Dans
bien des cas, elle sexprime à demi-mots, en demi-teinte par
rapport à la violence physique plus directe. La violence morale
agit sur le spectateur comme un poison qui ferait lentement son uvre.
Mais dans les uvres de Kitano Takeshi, lexpression la plus
radicale de la violence est sans aucun doute la mise en scène récurrente
du suicide ou dune conduite suicidaire, tous deux engendrés
par la violence physique ou psychologique qui agressent le personnage
qui choisit de fuir dans la mort.
De sa première Sono otoko kyôbô ni tsuki -Violent cop,
jusquà son dernier film Takeshis sorti au Japon en
novembre 2005, en passant par le magnifique Kikujirô no natsu -Lété
de Kikujirô, aucun de ses films néchappe à une
mise en scène dune conduite suicidaire ou dune mort
volontaire.
Tout au long de ses différentes uvres, Kitano
use dailleurs du flash-back ou de lellipse pour que lorigine
de ce mal psychologique, de cette violence latente ne se révèle
que progressivement au spectateur, pour que celui-ci en prenne toute la
mesure et comprenne les raisons qui poussent les personnages à
choisir de se donner la mort.
Kitano explique très clairement, dans ses ouvrages ou interviews,
lorigine de cette violence physique auquel il a été
habitué très jeune. Vivant une bonne partie de sa jeunesse
dans le quartier dAsakusa, à Tôkyô, il a fréquenté
bon nombre de Yakuza et a pu voir nombres dactes de violence, qui
faisaient alors partie de son quotidien. Son père, peintre en bâtiments,
était également très violent lorsquil rentrait
tard le soir, complètement ivre et quil frappait sa mère.
Par contre, le réalisateur justifie, mais nexplique que difficilement
cette attirance pour le suicide, cette obsession pour la mort volontaire.
Cette attirance manifeste pour la mort tire pourtant une explication rationnelle
dans la construction et la mise en scène de ses personnages, tout
comme dans la vie personnelle de Kitano.
Nous tenterons donc de montrer de quelle façon la violence physique
et la violence psychologique auxquelles sont confrontés les personnages
de Kitano les mènent irrémédiablement au suicide,
ou tout du moins, à adopter plus ou moins consciemment un comportement
suicidaire. À travers ses uvres, ses écrits et ses
déclarations, en se basant sur des ouvrages traitant danalyse
filmique, de la violence dans les médias et du suicide, nous analyserons
les origines, les causes de la violence que Kitano met en scène
et qui mène ses personnages à se donner la mort, mort symbolique
après laquelle Kitano a cessé de courir depuis quil
la met en scène.
Nous montrerons également que chacun de ces comportements liés
au suicide sont fondés sur des éléments solides et
tout comme la violence quil met en scène, les suicides montrés
par Kitano ne sont pas quune simple provocation dun cinéaste
en manque de sensationnalisme. Nous exposerons les différents types
de suicides de Kitano ainsi que leurs significations propres.
Nous tenterons également de montrer en quoi cette violence montrée
ou suggérée sert de catharsis aussi bien au réalisateur
quà son public et si elle peut éventuellement être
néfaste pour un public non averti.
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mialou.gerald@free.fr
Doctorant, chargé de cours,
Toulouse Le Mirail Université Jean Moulin Lyon III |
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CV - domaine de recherche :
Depuis Octobre 2004 : Chargé de cours à l'Université
Toulouse II-Le Mirail. Octobre
2003-Juin 2004 : Chargé de cours à l'Université
Jean Moulin Lyon III. 2003-2007: Doctorat à l'Université
Jean Moulin, Lyon III.
2002-2003: Diplôme d'Études Approfondies (D.E.A), Mention
Très Bien, Université Jean Moulin-Lyon III.
2001-2002: Licence Mention Français Langue Étrangère
(F.L.E), Mention Bien, Université Lumière-Lyon II.
2001-2002: Maîtrise Langues et Civilisations Étrangères-Japonais,
Mention Bien, Université Jean Moulin-Lyon III.
Bibliographie :
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ⓒ2002-2011 - SOCIETE FRANCAISE DES ETUDES JAPONAISES
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