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Accueil > Archives > 7ème Colloque, 2006 > Session D

Session D : « Crises et défis de la société japonaise actuelle »

Président : Paul Jobin (MC, Paris 7)


Evelyne Dourille-Feer

Le marché du travail des seniors : une comparaison France-Japon

The Senior Labour Market : a comparison between France and Japan


Au Japon, la population active se contracte depuis 1999 alors qu’il faudra attendre 2020 pour la France. Dans les deux pays, l’emploi des seniors revêt donc une importance croissante. Mais, alors que le Japon se situe dans le peloton de tête des nations à fort taux d’emploi des 55-64 ans (62,1% en 2003), la France se distingue par la faiblesse de ce taux (36,8%).

Cette étude fait ressortir le caractère récent et extrêmement rapide du vieillissement au Japon comparativement à celui de la France. Il en résulte une déformation de la structure de la population active en direction des tranches d’âges élevées nettement plus avancée au Japon qu’en France.

L’analyse de l’évolution du marché du travail des seniors montre qu’un net décrochage du taux d’activité apparaît dès 55-59 ans en France et seulement à partir de 60-64, notamment chez les hommes, au Japon. Bien que l’âge de la retraite ait été fixé à 60 ans dans les deux pays pendant la période 1990-2005, le taux d’activité est resté élevé au Japon après 65 ans (21% en 2002) alors qu’il était très faible en France (environ 2%). On constate également que les problèmes d’emploi les plus aigus chez les seniors sont rencontrés les 45-59 ans en France et les hommes de 60-64 ans au Japon.

Le haut niveau moyen d’activité des seniors nippons résulte de la conjonction d’opportunités d’emploi liées aux pratiques institutionnelles ou au dynamisme économique et de la volonté affirmée des seniors de travailler tard. Les seniors français, quant à eux, ne bénéficient pas de ces atouts institutionnels favorables. De plus, le haut niveau de chômage enregistré en France pendant plusieurs décennies a conduit les pouvoirs publics à opter jusqu’en 2005 pour la solution des préretraites.

Parmi les mesures japonaises adoptées par le secteur public et privé, certaines pourraient être adaptées au cas français et déboucher sur une augmentation du taux d’emploi des seniors.

evelyne.dourille@cepii.fr

Chargé de mission

CAS/CEPII


CV - domaine de recherche
:
Chargé de mission au CEPII depuis avril 1982
Chargé de cours (économie du Japon) à l'Institut National des Langues et Civilisations Orientales, niveau DEUG.
Chargé de cours à EURASIAM (économie du Japon) (1 et 4ème année)
1978; Doctorat de 3ème cycle, spécialité : Economie des pays étrangers (Université Paris I, Panthéon - Sorbonne)
1974; Diplôme d'Etudes Appliquées et de Recherche (Ecole Nationale des Langues Orientales, équivalent niveau Maîtrise), Japonais

Bibliographie :
2006,
"Le Japon laboratoire mondial du vieillissement", Futuribles, n° 321, juillet-août
“Le vieillissement au Japon: un défi bien géré ” , La Lettre du Centre asie ifri n°6, 24 mai
“Rigidités et flexibilités du marché du travail japonais ”, 6ème colloque de la SFEJ, décembre 2004, acte du colloque, “ Japon Pluriel 6 ”, Picquier, 2006
2005,
“ Chômage et réformes du marché du travail au Japon ”, CEPII Working Paper, n°2005- 22, décembre
“L’économie du Japon ”, nouvelle édition, Collection Repères, Editions La Découverte, novembre.
“Japon : laboratoire mondial du vieillissement ”, (“Japan : World Laboratory for Ageing ”, “ Japon : laboratorio mundial del envejecimiento ”, note d’Aleph n°28, Le Plan, 29 juin
“Japon : vrai ou faux retour sur la scène économique mondiale ”, Le Moci n° 1695, 24-30 mars
2004,
“ Japon : le renouveau ” sous la Dir. E. Dourille Feer, avec la participation de J.M Bouissou et K. Yatabe, février 2004"


Isabelle Konuma

Le rôle du Droit dans la "crise familiale" au Japon - vu à travers les réformes juridiques

The role of Law in the « family crisis » in Japan – through legal reforms


Nous rencontrons de plus en plus d’articles avec un titre presque provocateur tel que « la crise familiale », « la révolution de la famille » ou « la famille du 21ème siècle va-t-elle survivre ? ».
Ces assertions ne peuvent être véritablement prises en compte sans définition préalable de la famille. Or, cette définition varie selon les époques et les domaines d’études. Ces expressions alarmantes, essentiellement utilisées dans des recherches sociologiques, apparaissent de plus en plus dans des études juridiques. Il serait donc intéressant de se pencher sur cette question en termes juridiques, afin de savoir précisément à quel endroit se situe la crise familiale en droit, la part de la responsabilité du droit dans les phénomènes constatés sociologiquement, et la position des législateurs (y compris des partis politiques) sur l’idéal familial. Cela demande, premièrement, une définition juridique du cadre familial, puis la description du modèle qui en ressort.

Le Code civil ne définit pas clairement la famille ni ne donne de modèle représentatif. Mais la lecture de la Constitution, de certains articles du Code civil, de la loi relative à l’état civil et d’autres textes législatifs nous amène à un modèle précis, celui d’une famille comprenant les parents mariés et leurs enfants mineurs.

C’est précisément ce modèle qui est dit en crise. L’institutionnalisation du mariage et la protection excessive des liens maritaux ou d’un modèle de vie pré-établi au mépris des familles n’appartenant pas à ce modèle sont certainement les raisons les plus souvent invoquées. La « discrimination » des liens extra-conjugaux montre particulièrement la problématique qu’a la société japonaise sur cette question.

Les réformes législatives sont opérées pour tenter d’atténuer cette rigidité du modèle familial, comme par exemple les congés parentaux et la retraite, ainsi que des décisions judiciaires récentes qui abordent la question de la discrimination des enfants naturels. Mais de telles réformes juridiques « partielles » suffiront-elles face au phénomène de la « crise familiale » ?

Les parts de responsabilité de la politique, de l’histoire et de la société sont étroitement liées à ce niveau, mais elles mériteraient d’être considérées séparément pour être, ensuite, intégrées dans le processus de modification sociale. Or le Japon est à un stade où les attentes de changement se concentrent autour du droit, lui donnant un rôle régulateur de la conscience des Japonais, face à des problèmes graves représentés par exemple par le taux de natalité. Le droit occupe-t-il une place juste dans cette société changeante ?

i.konuma@libertysurf.fr

Doctorante

Paris VII


CV - domaine de recherche
:
Actuellement : préparation d'une thèse sur "le statut de la femme mariée en droit japonais de la famille" à Paris VII
Chargée de cours à Paris III en 2004-2005 et ATER à Paris VII en 2005-2006

Bibliographie :
Publication d'un colloque auprès de la SFEJ dans "Japon Pluriel 6"


Claude Lévi Alvarès

Altérité au Japon – Quelle place pour les enfants étrangers dans son système scolaire ?

Selon les données du Ministère de la justice, la population « étrangère » installée au Japon s’élève en 2005 à 2.011.555 personnes et accuse une progression de 47,7% par rapport à 1995. Cette population qui réside plus particulièrement dans les grandes zones urbaines que sont Tokyo, Osaka et Nagoya se caractérise désormais par une forte augmentation du nombre des nouveaux migrants, principalement d’origine chinoise (25,8%), brésilienne (15%), philippines (9,3%) et moindrement péruviennes (2,9%).

Quoique l’on constate des attitudes et des stratégies différentes selon les nationalités d’origine et les parcours individuels, on peut également noter des convergences et des tendances générales. Ainsi, ces « new comers » restent pour la plupart cantonnés dans les emplois les plus pénibles et les moins rémunérés du secteur secondaire : bâtiment, chimie, pêche… Les migrations sont souvent associées à un projet d’installation durable au Japon, lequel s’exprime par la fondation de famille et le choix de l’école japonaise comme structure de scolarisation.

Force est cependant de constater que les aspirations scolaires des familles se heurtent bien souvent à l’indifférence des établissements et à une carence de moyens institutionnels dédiés à l’insertion et au soutien pédagogique des enfants. Les premières études portant sur des cohortes d’élèves issus de l’immigration acréditent en effet l’hypothèse pessimiste d’un échec scolaire démultiplié pour ces catégories de population.

L’objet de notre intervention sera donc de faire un point sur l’état actuel des travaux japonais qui portent sur la réussite et l’échec scolaire des enfants de migrants, en y ajoutant l’éclairage monographique d’une recherche en cours à Hiroshima. Il va sans dire que cette question rencontre celle de la reproduction des inégalités et des transformations du système scolaire japonais.

  clevialvares@gmail.com

Professeur Université de Hiroshima


CV - domaine de recherche
:

Bibliographie :

 

 

 

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