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Accueil > Archives > 7ème Colloque, 2006 > Session F

Session F : « Du sens des arts »

Président : Emmanuel LOZERAND (Professeur, INALCO)


Hui-Mei Chen

L’influence du Japon à l’époque de l’occupation (première moitié du xxe siècle) à Taiwan et en Corée dans le domaine de la musique à travers le parcours de quelques compositeurs

Japan’s influence on the music of Taiwan and Korea during the occupation era : a view from the lives and work of some composers


Les interactions et les échanges entre les pays asiatiques sont toujours très florissants, notamment entre la Chine, le Japon et la Corée. La Chine a exercé depuis des siècles une influence dominante sur presque toutes les civilisations asiatiques. Aussi le Japon lui a beaucoup emprunté, souvent à travers la Corée. Mais la restauration de l’ère Meiji (1868-1912) a désormais transformé le Japon en pays le plus puissant de l’Asie. L’occidentalisation du Japon fut également très importante. Dans ce contexte, la musique occidentale apparaît comme un symbole de la force de la civilisation européenne et un outil de démocratisation de la société. Elle est aussi associée à des changements pédagogiques : le gouvernement Meiji décida d’établir un système d’éducation s’inspirant du modèle occidental dans lequel est intégré l’apprentissage de la musique.

La situation dans la première moitié du XXe siècle de Taiwan et de la Corée sous le régime japonais est comparable. Dans le domaine de la musique, c’est principalement à travers l’occupation japonaise (le Japon a annexé Taiwan entre 1895 et 1945 et la Corée de 1910 jusqu’au 1945) que le gouvernement colonial importa le modèle éducatif qui systématisa l’enseignement de la musique dans les écoles de ces deux pays ainsi que la diffusion de la musique occidentale. Dès lors, les jeunes Taiwanais et Coréens désirant apprendre la musique occidentale se rendent souvent au Japon pour parfaire leurs études. La création de musique occidentale dans ces deux pays reste en effet très influencée par le Japon depuis leur occupation.

Cette communication se propose de présenter le parcours de quelques compositeurs chefs de file de ces deux anciens territoires coloniaux du Japon afin de mettre en évidence le rôle important joué par le Japon ainsi que son influence décisive dans le domaine de la création musicale.

hmchen@noos.fr

Doctorante

Paris IV


CV - domaine de recherche
:
Lauréate du concours national, flûtiste de l’Orchestre National de Taiwan, Hui-Mei CHEN commence ainsi sa carrière de flûtiste. Produisant des concerts de récital et de musique de chambre, elle est aussi invitée en tant que soliste de concerto, à Taiwan comme en Malaisie, au Japon et à Paris. Elle a travaillé la flûte au CNR de Paris avec Sophie Cherrier. Après avoir obtenu son DEA à Paris IV et à l’IRCAM, elle prépare actuellement une thèse de doctorat à l’Université de Paris IV sous la direction de M. Le professeur Marc Battier.

Bibliographie :
En chinois :
« Shen mi lang man de la ding mei zhou zuo jia wei la luo bo si (Heitor Villa-Lobos) yu qi pen she qi di (Assobio a Jato) yuan qi », « Un compositeur mystérieux et romantique de l'Amérique latine - Heitor Villa-Lobos et son œuvre Assobio a Jato », Music &Musicians Monthly, Juin 1999, no. 201 (Taipei), pp.78-80.
« Wei la luo bo si de Chôros xi lie », « La série Chôros de Heitor Villa-Lobos », Music &Musicians Monthly, Juillet 1999, no. 202 (Taipei), pp.68-69.

En français :
« L'osmose de la culture traditionnelle et de l'écriture occidentale dans deux œuvres pour flûte seule d'Isang Yun et Yoshihisa Taïra », mémoire de D.E.A., sous la direction de Hugues Dufourt, e, EHESS, IRCAM et Paris IV, 1997, 103p.
« La flûte en concert : l'influence du répertoire contemporain sur l'interprétation », Les pratiques de concert, Actes de la Journée du 30 mars 2002, Observatoire musical français, Paris, Université de Paris-Sorbonne, 2003. 182p. pp.57-65.


Masakazu Hayashi

Face à la tradition, l’émergence du théâtre moderne

In the face of tradition, the emergence of modern theater


Des formes d’arts modernes ont émergé au Japon dans la vague d’occidentalisation effrénée à partir de la restauration Meiji.

Pour le théâtre, ceci a donné naissance au shingeki (littéralement ‘nouveau théâtre’), plus tardivement que les écoles occidentales de peinture et de musique.

L’idée communément répandue est que l’émergence du shingeki est assimilée au mimétisme occidental et décrite comme une rupture avec la tradition. Mais en réalité ce phénomène culturel s’avère plus complexe à l’examen de la source du shingeki, notamment de la trajectoire d’Osanai Kaoru (1881-1928), figure emblématique de la modernité, qui a fondé le Théâtre Libre (Jiyû-gekijô) en 1908 avec Sadanji II, acteur de kabuki.

On peut certes constater qu’il s’est engagé dans une voie radicale en faisant table rase du kabuki et du shinpa.
Mais il a beau s’efforcer d’intégrer les principes du théâtre occidental, la priorité aux textes, à l’antipode du kabuki, il est en pratique confronté à la corporéité des acteurs issus de la troupe de Sadanji, formés au kabuki, sans pour autant parvenir à instaurer un nouveau système de jeu.

D’autre part, son rapport au kabuki s’est infléchit à son retour de voyage en Occident en 1913-14 dans la mesure où il s’est efforcé de l’apprivoiser et de se le réapproprier au lieu de le rejeter comme auparavant. En s’insurgeant contre le kabuki de l’époque qui selon lui s’est dégradé, il a formé la Société de l’étude sur les théâtres anciens en 1915 en faisant appel aux écrivains, notamment à Nagai Kafû afin d’entreprendre l’étude du kabuki, en mettant l’accent sur les drames de moeurs de l’ère Edo (Edo-sewa-mono ).

Ses derniers projets menés en 1926-28 se sont cristallisés autour de la relecture de classiques dans la perspective d’instaurer le théâtre populaire et national, en l’occurrence deux pièces de Chikamatsu, s’appuyant largement sur l’expression scénique du kabuki.

  Doctorant

Paris III / CNRS(ARIAS)


CV - domaine de recherche
:
Après des études au Japon (Bachelor of arts) et des activités journalistiques dans les médias japonais, je suis actuellement en préparation d’une thèse à l’Université de Paris III sous la direction de Mme Picon-Vallin, directeur de recherche au CNRS(arias) intitulée ‘l’émergence du théâtre moderne au Japon sous l’impulsion d’Osanai’

Bibliographie :


Michael Lucken

Mots du terroir d’Azuma Jun : l’impossible témoignage

Azuma Jun’s Local Words : the impossible testimony

Le 9 août 1945, le service d’Information de l’armée de l’Ouest envoya à Nagasaki trois hommes stationnés à Fukuoka : un écrivain, Azuma Jun (1903-1977), un photographe, Yamahata Yôsuke (1917-1966), et un dessinateur, Yamada Eiji (1912-1985). Ils formaient une petite escouade pluridisciplinaire, comme l’armée japonaise en a dépêché à maintes reprises pendant la guerre aux quatre coins de l’Asie.

Les clichés pris sur place par Yamahata sont aujourd’hui parmi les documents les plus connus de la catastrophe nucléaire et son itinéraire a récemment été largement médiatisé par Philippe Forest dans Sarinagara. Malgré tout, notre connaissance de cet épisode est incomplète. Le parcours de Azuma Jun, notamment, est singulièrement méconnu.

Azuma Jun est un poète dont les premières œuvres d’inscrivent dans le courant du surréalisme. Pendant la guerre, il est actif au sein de la Ligue de la Culture de Kita-Kyûshû (Kita-Kyûshû bunka renmei), mouvement dirigé par Hino Ashihei, mais sa notoriété ne dépassera pas les bornes régionales. Après avoir retracé son parcours, nous nous pencherons sur le premier recueil qu’il publie après la fin de la guerre, Dogo (Mots du terroir). A travers l’étude de ces poèmes, nous souhaitons montrer un ensemble de contradictions qui nous semblent révélatrices à la fois des difficultés du témoignage dans le Japon d’après-guerre et des difficultés à lire cette littérature.

michael.Lucken@inalco.fr

Professeur

Inalco/Cej


CV - domaine de recherche
:
Domaine de recherche : Histoire du Japon moderne
Sujets d’études : La Seconde Guerre mondiale au Japon : images et mémoires
Histoire de la politique culturelle américaine pendant l’Occupation
L’art du Japon moderne

Bibliographie :
Dernières publications :
Le Japon après la guerre (dir., avec A. Bayard-Sakai et E. Lozerand), Arles, Picquier, 2006, 416 p.
« Hiroshima-Nagasaki : des photographies pour abscisse et ordonnée », Etudes photographiques, n°18, Paris, SFP, mai 2006, p. 5-25.
Grenades et Amertume. Les peintres japonais à l’épreuve de la guerre, 1935-1952, Paris, Belles Lettres, 2005, 446 p.

 

 

 

 

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