LOGO Actualités       Contact

La SFEJ

Publications Bulletins
Bibliographies
Annuaire
Adhésion Archives Études

Liens

Plan du site

Accueil > Archives >7ème Colloque, 2006 > Session M

Session M : « Langue et communication »

Président : Chantal Claudel (MC, Université Paris VIII)


Elli Suzuki

L’ « affectivité » dans les relations enseignant-étudiants

Affectivity in the relationship between teacher and students


Cette étude a été menée du point de vue « collectif » sous un angle comparatiste de la recherche.

Dans le domaine de la didactique des langues, les enseignants et les chercheurs constatent l’importance du rôle de l’affectivité dans l’apprentissage. Cette notion est notamment évoquée dans les ouvrages suivants : « Attitudes and Motivation in Second Language Learning » de Gardner et Lambert (1972), dans « Aptitude et affectivité dans l'apprentissage des langues étrangères » de Paul Bogaards (1993), qui traite de l’influence de l’affectivité sur l’aptitude d’un apprenant, enfin « Interlangue. la langue de l'apprenant » de Klaus Vogel (1995) constituant une recherche sur l’évolution de la langue construite par l’apprenant. Cependant, peu d’études ont été consacrées aux relations affectives entre les enseignants et les étudiants.

Partant d’une étude empirique basée sur l’enquête réalisée en 2000 (un questionnaire et des entretiens individuels) auprès d’un public composé d’enseignants et étudiants de japonais langue étrangère en France ainsi que d’enseignants et étudiants de français langue étrangère au Japon, nous avons pu constater une différence assez nette entre les répondants japonais et français concernant le degré d’implication de la dimension affective dans les relations enseignant-étudiants. La divergence de conception de la relation enseignant-étudiants repose sur deux points : la « sympathie de l’enseignant » et les « échanges amicaux entre l’enseignant et les étudiants ». Ces deux éléments ont été classés par les étudiants japonais comme importants pour le bon fonctionnement des relations alors que les enseignants et étudiants français ainsi que les enseignants japonais (exceptés les enseignants japonais de FLE au Japon) ne leur accordent que peu d’importance.

Notre démarche est d’interpréter les résultats de l’enquête à partir de certains concepts existants comme celui d’ « amae » défini par Takeo Doi dans « Le jeu de l'indulgence : étude de psychologie fondée sur le concept japonais d'amaë », celui de « guanxi » (relation, rapport, connexion) ou encore de « renquing » (bienveillance, manifestations de sympathie » repris par Serge Dreyer sur les relations complexes entre les étudiants taiwanais et les enseignants occidentaux, dans « Apprenants taiwanais de langues étrangères et enseignants occidentaux : une relation complexe ». Le réseau du « guanxi » semble correspondre à la définition des mondes d’intérieur et d’extérieur chez les Japonais et la conception de « renquing » à celle d’ « amae » au sens large du terme. Il serait en l’occurrence tout à fait nécessaire d’aller consulter les théories de la pensée chinoise auxquelles elles se réfèrent. Le « ren » (êm : le sens de l’humain) qui renvoie à la pensée confucéenne chinoise expliquerait alors en partie ces deux concepts « renquing »et « amae ».

La didactique des langues commence seulement à s’intéresser à l’affectivité dans les relations enseignant-étudiants et chacun effectue souvent les travaux propres à son domaine et à sa culture. La transversalité de la recherche nous permettrait sans doute de découvrir des résultats similaires. Si les problèmes que nous avons rencontrés dans le contexte franco-japonais se retrouvaient dans un autre contexte interculturel, par exemple franco-chinois, cela nous serait utile dans nos recherches et cela aiderait également les enseignants dans la pratique quotidienne de l’enseignement de la langue.

La mobilité des étudiants étrangers qui augmente chaque année soumet les enseignants de langues étrangères à des situations d’enseignement interculturelles, parfois à des classes majoritairement monoculturelles. Connaître les habitudes d’enseignement spécifiques de telle ou telle culture sans être enfermé dans l’ethnocentrisme culturel constituerait alors le premier pas vers une démarche interculturelle.

 

ellisuz@gmail.com

MC

Université Michel de Montaigne Bordeaux 3


CV - domaine de recherche
:
2006 Maître de Conférences Université Bordeaux 3
2005-2006 ATER Université Marc Bloch de Strasbourg
2004-2005 ATER (INALCO)
2000-2004 répétitrice (INALCO)
1998-2000 lectrice (INALCO)
2001-2002 Chargée de cours Paris VII
1990-1998 enseignant titulaire ; Institut Franco-Japonais de Tokyo et de Yokohama

Bibliographie :
2001 « La grammaire dans l’enseignement/apprentissage universitaire du français langue étrangère au Japon », dans Études de Linguistique Appliquée (ELA), n° 122, avril-juin 2001, Paris, Didier Érudition, pp. 143-151.
2003-2004 « Ma représentation de la France et sa représentation du Japon (titre original : Watashi no naka no furansu, kanojo no naka no nippon ; co-rédigé avec Mariko Himeta, publié dans France (Furansu) (revue mensuelle) entre avril 2003 et mars 2004 à Tokyo (Japon), par Hakushuisha.
2004 « Confrontation des cultures d’enseignement et d’apprentissage dans la classe de japonais langue étrangère en France et de français langue étrangère au Japon dans l’enseignement supérieur », dans les Actes du colloque international Évolution ou révolution dans l’accueil des étudiants étrangers. Nouvelle donne pour les Centres Universitaires de Français Langue Étrangères. Des profils d’étudiants aux réponses pédagogiques et institutionnelles de l’ADCUEFE, Grenoble, Presses Universitaires de Grenoble, pp 15-38.
2005 « La "réserve" : une catégorie de la culture d'apprentissage japonaise », dans un ouvrage collectif qui s’intitule Les cultures éducatives et linguistiques dans l'enseignement des langues, Paris, PUF, pp 205-223.



Tomoko Higashi

Hétérogénéité discursive du blog : nouvelle forme de communication ?

Heterogeneity in discourse of blog : new form of communication?


Ce travail consiste à analyser le blog, burogu ou webu nikki, afin de mettre en évidence la spécificité de ce type de discours, qui nous semble se caractériser par l’hétérogénéité textuelle, d’une part et d’autre part, par l’ambiguïté énonciative concernant l’orientation du message. En fait, le message dans le blog est à la fois orienté vers le locuteur lui-même étant donné sa nature du journal intime et orienté vers le lectorat identifié ou non identifié car écrire un blog a également un but de communication avec autrui. Nous faisons l’hypothèse que l’aspect composite énonciatif : auto-adressé / hétéro-adressé, et du style : poli/familier ou la langue parlée/écrite établissent une cohérence propre à ce type de discours. Nous considérons que le changement du style à l’intérieur d’un discours constituent les indices de contextualisation (contextualization cues – Gumperz : 1989), qui permettrait au lecteur d’inférer pour avoir une meilleure interprétation du contexte envisagé par l’auteur.

En définissant le discours comme une partie de l’activité sociale ayant une unité pragmatique, nous nous appuyons sur les marques linguistiques (traces de l’activité) mais aussi sur les aspects interactionnels (activité de créer un message, co-construit avec le lectorat) afin d’analyser l’organisation et les stratégies discursives du blog.

Dans ce but, nous observons un corpus comprenant quarante cinq textes de blog écrits par neuf scripteurs âgés de vingt-cinq à trente ans. Une enquête a été effectuée auprès d’eux afin de vérifier quels étaient les objectifs de créer un blog et leur attitude lors de la rédaction.

Nous avons ensuite analysé l’orientation des énoncés en recourant à un certain nombre d’indices dégagés dans le corpus, à savoir :
- les marques linguistiques (registres, particules finales interactionnelles ou de monologue)
-les types d’acte (actes explicatif de l’arrière-plan métadiscours, actes impliquant l’ locuteur / l’interlocuteur)
- Les modes de désignation de soi relatifs à la prise de distance énonciative
- les traces de la langue parlée apparues dans le discours écrit

Nous avons conclu qu’écrire un blog est une activité sociale dans laquelle le partage de connaissance et d’émotion entre le scripteur et le lecteur est une finalité suprême et l’hétérogénéité discursive fait partie intégrante du style communicatif du blog. Nous avons démontré que, tous les types de message sont adressés au lectorat, en empruntant le concept théâtral à E. Goffman (1991), celui de l’émetteur, du responsable et de l’animateur.

higahist@club-internet.fr

MC

Université Stendhal – Grenoble 3


CV - domaine de recherche
:
Née à Tokyo. Diplômée de l’Université de Keio. Doctorat en sciences du langage à l’Université de Grenoble 3. Maître de conférence de japonais à l’Unversité Stendhal-Grenoble 3 (depuis 1990).
Domaine de recherche :
- Linguistique (discours, interaction, politesse, modalité)
- Didactique des langues

Bibliographie :
Méthodes :
2000 : Parlons japonais Tome I, nouvelle version (en collaboration avec K. OGUMA) , Presses universitaires de Grenoble
2000 : Parlons japonais Tome I, nouvelle version (en collaboration avec K. OGUMA) , Presses universitaires de Grenoble
2003 : Parlons japonais Tome 2, Presses universitaires de Grenoble

Principaux articles (-98):
2006 : « Fonction pragmatiques de –te et –nda + kedo dans une interaction conversationnelle », in Japan Prulierl 6 , Ph.Picquier
2006 : « Nihongo no kaiwa ni okeru iwaruyu kanwa hyôgen saikô (Expressions d’atténuation dans une conversation en japonais revisitées)
Aldo Tollini (ed.), The Third Conference on Japanese language and Japanese Language Teaching. Proceedings of the Conference, Rome, 17-19th march, 2005.
2005 : « Genba kara riron e no nihongo kyôiku : Nichi-futsu hairyo hyôgen o zure o meguru mondai o kangaeru (Etude contrastive franco-japonaise sur les expressions de politesse ) , Japanese Language Education in Europe 9, The Proceedings for the 2004 Japanese Language Symposium 26-28 August 2004.


Yuka Kawakami

Répresentation du corps dans les expressions idiomatiques

Body in idiomatic expressions


De même que le langage du corps diffère d'un pays à l'autre, toute langue possède un certain nombre d'expressions imagées particulières pour évoquer certains phénomènes ou situations courantes qui peuvent sembler vraiment étranges si on les interprète littéralement. Par exemple, au Japon, quand on humecte ses sourcils (Mayutsuba) cela veut dire « je ne te crois pas ». Or dans la même situation les Français mettent l’index sous l’œil (« mon œil ! »), alors qu’ au Japon une telle attitude est considérée comme une moquerie, la langue tirée en plus.

Ces expressions idiomatiques illustrent particulièrement bien les différences de perception et de représentation de la réalité des diverses cultures.

En comparant les expressions idiomatiques et les proverbes qui concernent le corps ou la gestuelle du français et du japonais, nous avons voulu élucider ici la différence et la simultanéité d’usage verbal et non verbal.

Selon Ishii (1977), Kanyôku (l’expression idiomatique) est une combinaison de deux mots au moins qui ne sont pas séparables mot à mot, et qui exprime une idée différente de chacun des mots pris séparément. Même si Kanyôku est une langue courante et un vocabulaire général, ou bien un terme spécial, Kanyôku contient la nuance particulière d’un mot qui est utilisé habituellement et fixement. L’expression idiomatique japonaise exprime un sens qui diffère du sens élémentaire des mots composés et qui se fixe usuellement entre le sens et la forme.

La plupart des expressions ont un sens métaphorique dérivant de la fonction propre à chaque partie du corps. C’est le cas des expressions qui utilisent ‘kuchi (la bouche)’, comme ‘kuchi ga mawaru (la bouche tourne bien) : cela veut dire il parle beaucoup’ ou bien ‘kuchi wo hiraku (ouvrir la bouche) : cela veut dire, il commence à parler’. Il existe ainsi des expressions métaphorisées par la fonction comme ‘le langage’ ou bien ‘le récipient’. Pour ‘Kao (visage)’, il existe des expressions dérivées du sens premier qui signifient ‘l’honneur’ et ‘la réputation’, comme ‘Kao ni doro wo nuru (on met la boue sur le visage de quelqu’un)’ : cela veut dire, on déshonore quelqu’un.

Ici, nous comparons d’abord statistiquement les expressions idiomatiques françaises et japonaises impliquant des parties du corps, puis nous analysons chaque partie du corps en comparant la différence entre les deux langues au plan métaphorique.

Nous avons commencé par regrouper les expressions et les proverbes qui contiennent un mot ou des mots du corps, comme la tête, la face, la main, etc. dans chaque langue. Il y avait 831 expressions françaises, et 1080 expressions japonaises . Selon nos données, les expressions japonaises impliquant les yeux (161) sont les plus nombreuses. Viennent ensuite la main (105), la bouche (88), le visage (73) et le corps (57). En français, par fréquence décroissante, on a l’œil (83), la main (69), le cœur (57), les fesses/le cul (50), et le nez (49).

A première vue, il existe donc certaines différences d’usage des parties du corps. Les expressions qui contiennent les mots barbe, cheveux, dents, langue, bras, doigts, et peau sont plus fréquentes en français. En japonais, les expressions contiennent plutôt les mots bouche, sein, ventre ce qui semble confirmer l’analyse d’Ishino (1989) selon laquelle l’expression corporelle japonaise est plus vague qu’en anglais ou en chinois. Par exemple, ‘Te’ peut comprendre le bras et la main, ‘Ashi’ peut inclure le jambe et le pied. Nous voulons expliquer ces différences de langue et/ou de culture.

 

yukachin@free.fr

Doctorant répétitrice

EHESS INALCO


CV - domaine de recherche
:

Bibliographie :

 

 

 

 

 

ⓒ2002-2011 - SOCIETE FRANCAISE DES ETUDES JAPONAISES