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Session M : « Langue et communication »
Président : Chantal Claudel (MC, Université Paris VIII)
Elli Suzuki
L « affectivité » dans
les relations enseignant-étudiants
Affectivity in the relationship between teacher and students
Cette étude a été menée du point de vue «
collectif » sous un angle comparatiste de la recherche.
Dans le domaine de la didactique des langues, les enseignants et les chercheurs
constatent limportance du rôle de laffectivité
dans lapprentissage. Cette notion est notamment évoquée
dans les ouvrages suivants : « Attitudes and Motivation in Second
Language Learning » de Gardner et Lambert (1972), dans « Aptitude
et affectivité dans l'apprentissage des langues étrangères
» de Paul Bogaards (1993), qui traite de linfluence de laffectivité
sur laptitude dun apprenant, enfin « Interlangue. la
langue de l'apprenant » de Klaus Vogel (1995) constituant une recherche
sur lévolution de la langue construite par lapprenant.
Cependant, peu détudes ont été consacrées
aux relations affectives entre les enseignants et les étudiants.
Partant dune étude empirique basée sur lenquête
réalisée en 2000 (un questionnaire et des entretiens individuels)
auprès dun public composé denseignants et étudiants
de japonais langue étrangère en France ainsi que denseignants
et étudiants de français langue étrangère
au Japon, nous avons pu constater une différence assez nette entre
les répondants japonais et français concernant le degré
dimplication de la dimension affective dans les relations enseignant-étudiants.
La divergence de conception de la relation enseignant-étudiants
repose sur deux points : la « sympathie de lenseignant »
et les « échanges amicaux entre lenseignant et les
étudiants ». Ces deux éléments ont été
classés par les étudiants japonais comme importants pour
le bon fonctionnement des relations alors que les enseignants et étudiants
français ainsi que les enseignants japonais (exceptés les
enseignants japonais de FLE au Japon) ne leur accordent que peu dimportance.
Notre démarche est dinterpréter les résultats
de lenquête à partir de certains concepts existants
comme celui d « amae » défini par Takeo Doi dans
« Le jeu de l'indulgence : étude de psychologie fondée
sur le concept japonais d'amaë », celui de « guanxi »
(relation, rapport, connexion) ou encore de « renquing » (bienveillance,
manifestations de sympathie » repris par Serge Dreyer sur les relations
complexes entre les étudiants taiwanais et les enseignants occidentaux,
dans « Apprenants taiwanais de langues étrangères
et enseignants occidentaux : une relation complexe ». Le réseau
du « guanxi » semble correspondre à la définition
des mondes dintérieur et dextérieur chez les
Japonais et la conception de « renquing » à celle d
« amae » au sens large du terme. Il serait en loccurrence
tout à fait nécessaire daller consulter les théories
de la pensée chinoise auxquelles elles se réfèrent.
Le « ren » (êm : le sens de lhumain) qui renvoie
à la pensée confucéenne chinoise expliquerait alors
en partie ces deux concepts « renquing »et « amae ».
La didactique des langues commence seulement à sintéresser
à laffectivité dans les relations enseignant-étudiants
et chacun effectue souvent les travaux propres à son domaine et
à sa culture. La transversalité de la recherche nous permettrait
sans doute de découvrir des résultats similaires. Si les
problèmes que nous avons rencontrés dans le contexte franco-japonais
se retrouvaient dans un autre contexte interculturel, par exemple franco-chinois,
cela nous serait utile dans nos recherches et cela aiderait également
les enseignants dans la pratique quotidienne de lenseignement de
la langue.
La mobilité des étudiants étrangers qui augmente
chaque année soumet les enseignants de langues étrangères
à des situations denseignement interculturelles, parfois
à des classes majoritairement monoculturelles. Connaître
les habitudes denseignement spécifiques de telle ou telle
culture sans être enfermé dans lethnocentrisme culturel
constituerait alors le premier pas vers une démarche interculturelle.
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ellisuz@gmail.com
MC
Université Michel de Montaigne Bordeaux 3
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CV - domaine de recherche :
2006 Maître de Conférences Université Bordeaux
3
2005-2006 ATER Université Marc Bloch de Strasbourg
2004-2005 ATER (INALCO)
2000-2004 répétitrice (INALCO)
1998-2000 lectrice (INALCO)
2001-2002 Chargée de cours Paris VII
1990-1998 enseignant titulaire ; Institut Franco-Japonais de Tokyo
et de Yokohama
Bibliographie :
2001 « La grammaire dans lenseignement/apprentissage
universitaire du français langue étrangère
au Japon », dans Études de Linguistique Appliquée
(ELA), n° 122, avril-juin 2001, Paris, Didier Érudition,
pp. 143-151.
2003-2004 « Ma représentation de la France et sa représentation
du Japon (titre original : Watashi no naka no furansu, kanojo no
naka no nippon ; co-rédigé avec Mariko Himeta, publié
dans France (Furansu) (revue mensuelle) entre avril 2003 et mars
2004 à Tokyo (Japon), par Hakushuisha.
2004 « Confrontation des cultures denseignement et dapprentissage
dans la classe de japonais langue étrangère en France
et de français langue étrangère au Japon dans
lenseignement supérieur », dans les Actes du
colloque international Évolution ou révolution dans
laccueil des étudiants étrangers. Nouvelle donne
pour les Centres Universitaires de Français Langue Étrangères.
Des profils détudiants aux réponses pédagogiques
et institutionnelles de lADCUEFE, Grenoble, Presses Universitaires
de Grenoble, pp 15-38.
2005 « La "réserve" : une catégorie
de la culture d'apprentissage japonaise », dans un ouvrage
collectif qui sintitule Les cultures éducatives et
linguistiques dans l'enseignement des langues, Paris, PUF, pp 205-223.
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Tomoko Higashi
Hétérogénéité discursive du blog :
nouvelle forme de communication ?
Heterogeneity in discourse of blog : new form of communication?
Ce travail consiste à analyser le blog, burogu ou webu nikki, afin
de mettre en évidence la spécificité de ce type de
discours, qui nous semble se caractériser par lhétérogénéité
textuelle, dune part et dautre part, par lambiguïté
énonciative concernant lorientation du message. En fait,
le message dans le blog est à la fois orienté vers le locuteur
lui-même étant donné sa nature du journal intime et
orienté vers le lectorat identifié ou non identifié
car écrire un blog a également un but de communication avec
autrui. Nous faisons lhypothèse que laspect composite
énonciatif : auto-adressé / hétéro-adressé,
et du style : poli/familier ou la langue parlée/écrite établissent
une cohérence propre à ce type de discours. Nous considérons
que le changement du style à lintérieur dun
discours constituent les indices de contextualisation (contextualization
cues Gumperz : 1989), qui permettrait au lecteur dinférer
pour avoir une meilleure interprétation du contexte envisagé
par lauteur.
En définissant le discours comme une partie de lactivité
sociale ayant une unité pragmatique, nous nous appuyons sur les
marques linguistiques (traces de lactivité) mais aussi sur
les aspects interactionnels (activité de créer un message,
co-construit avec le lectorat) afin danalyser lorganisation
et les stratégies discursives du blog.
Dans ce but, nous observons un corpus comprenant quarante cinq textes
de blog écrits par neuf scripteurs âgés de vingt-cinq
à trente ans. Une enquête a été effectuée
auprès deux afin de vérifier quels étaient
les objectifs de créer un blog et leur attitude lors de la rédaction.
Nous avons ensuite analysé lorientation des énoncés
en recourant à un certain nombre dindices dégagés
dans le corpus, à savoir :
- les marques linguistiques (registres, particules finales interactionnelles
ou de monologue)
-les types dacte (actes explicatif de larrière-plan
métadiscours, actes impliquant l locuteur / linterlocuteur)
- Les modes de désignation de soi relatifs à la prise de
distance énonciative
- les traces de la langue parlée apparues dans le discours écrit
Nous avons conclu quécrire un blog est une activité
sociale dans laquelle le partage de connaissance et démotion
entre le scripteur et le lecteur est une finalité suprême
et lhétérogénéité discursive
fait partie intégrante du style communicatif du blog. Nous avons
démontré que, tous les types de message sont adressés
au lectorat, en empruntant le concept théâtral à E.
Goffman (1991), celui de lémetteur, du responsable et de
lanimateur.
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higahist@club-internet.fr
MC
Université Stendhal Grenoble 3
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CV - domaine de recherche :
Née à Tokyo. Diplômée de lUniversité
de Keio. Doctorat en sciences du langage à lUniversité
de Grenoble 3. Maître de conférence de japonais à
lUnversité Stendhal-Grenoble 3 (depuis 1990).
Domaine de recherche :
- Linguistique (discours, interaction, politesse, modalité)
- Didactique des langues
Bibliographie :
Méthodes :
2000 : Parlons japonais Tome I, nouvelle version (en collaboration
avec K. OGUMA) , Presses universitaires de Grenoble
2000 : Parlons japonais Tome I, nouvelle version (en collaboration
avec K. OGUMA) , Presses universitaires de Grenoble
2003 : Parlons japonais Tome 2, Presses universitaires de Grenoble
Principaux articles (-98):
2006 : « Fonction pragmatiques de te et nda
+ kedo dans une interaction conversationnelle », in Japan
Prulierl 6 , Ph.Picquier
2006 : « Nihongo no kaiwa ni okeru iwaruyu
kanwa hyôgen saikô (Expressions datténuation
dans une conversation en japonais revisitées)
Aldo Tollini (ed.), The Third Conference on Japanese language and
Japanese Language Teaching. Proceedings of the Conference, Rome,
17-19th march, 2005.
2005 : « Genba kara riron e no nihongo kyôiku :
Nichi-futsu hairyo hyôgen o zure o meguru mondai o kangaeru
(Etude contrastive franco-japonaise sur les expressions de politesse
) , Japanese Language Education in Europe 9, The Proceedings for
the 2004 Japanese Language Symposium 26-28 August 2004.
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Yuka Kawakami
Répresentation du corps dans les expressions idiomatiques
Body in idiomatic expressions
De même que le langage du corps diffère d'un pays à
l'autre, toute langue possède un certain nombre d'expressions imagées
particulières pour évoquer certains phénomènes
ou situations courantes qui peuvent sembler vraiment étranges si
on les interprète littéralement. Par exemple, au Japon,
quand on humecte ses sourcils (Mayutsuba) cela veut dire « je ne
te crois pas ». Or dans la même situation les Français
mettent lindex sous lil (« mon il ! »),
alors qu au Japon une telle attitude est considérée
comme une moquerie, la langue tirée en plus.
Ces expressions idiomatiques illustrent particulièrement bien les
différences de perception et de représentation de la réalité
des diverses cultures.
En comparant les expressions idiomatiques et les proverbes qui concernent
le corps ou la gestuelle du français et du japonais, nous avons
voulu élucider ici la différence et la simultanéité
dusage verbal et non verbal.
Selon Ishii (1977), Kanyôku (lexpression idiomatique) est
une combinaison de deux mots au moins qui ne sont pas séparables
mot à mot, et qui exprime une idée différente de
chacun des mots pris séparément. Même si Kanyôku
est une langue courante et un vocabulaire général, ou bien
un terme spécial, Kanyôku contient la nuance particulière
dun mot qui est utilisé habituellement et fixement. Lexpression
idiomatique japonaise exprime un sens qui diffère du sens élémentaire
des mots composés et qui se fixe usuellement entre le sens et la
forme.
La plupart des expressions ont un sens métaphorique dérivant
de la fonction propre à chaque partie du corps. Cest le cas
des expressions qui utilisent kuchi (la bouche), comme kuchi
ga mawaru (la bouche tourne bien) : cela veut dire il parle beaucoup
ou bien kuchi wo hiraku (ouvrir la bouche) : cela veut dire, il
commence à parler. Il existe ainsi des expressions métaphorisées
par la fonction comme le langage ou bien le récipient.
Pour Kao (visage), il existe des expressions dérivées
du sens premier qui signifient lhonneur et la
réputation, comme Kao ni doro wo nuru (on met la boue
sur le visage de quelquun) : cela veut dire, on déshonore
quelquun.
Ici, nous comparons dabord statistiquement les expressions idiomatiques
françaises et japonaises impliquant des parties du corps, puis
nous analysons chaque partie du corps en comparant la différence
entre les deux langues au plan métaphorique.
Nous avons commencé par regrouper les expressions et les proverbes
qui contiennent un mot ou des mots du corps, comme la tête, la face,
la main, etc. dans chaque langue. Il y avait 831 expressions françaises,
et 1080 expressions japonaises . Selon nos données, les expressions
japonaises impliquant les yeux (161) sont les plus nombreuses. Viennent
ensuite la main (105), la bouche (88), le visage (73) et le corps (57).
En français, par fréquence décroissante, on a lil
(83), la main (69), le cur (57), les fesses/le cul (50), et le nez
(49).
A première vue, il existe donc certaines différences dusage
des parties du corps. Les expressions qui contiennent les mots barbe,
cheveux, dents, langue, bras, doigts, et peau sont plus fréquentes
en français. En japonais, les expressions contiennent plutôt
les mots bouche, sein, ventre ce qui semble confirmer lanalyse dIshino
(1989) selon laquelle lexpression corporelle japonaise est plus
vague quen anglais ou en chinois. Par exemple, Te peut
comprendre le bras et la main, Ashi peut inclure le jambe
et le pied. Nous voulons expliquer ces différences de langue et/ou
de culture.
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yukachin@free.fr
Doctorant répétitrice
EHESS INALCO
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CV - domaine de recherche :
Bibliographie :
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ⓒ2002-2011 - SOCIETE FRANCAISE DES ETUDES JAPONAISES
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