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PREMIER ATELIER SUR L'ENSEIGNEMENT DU JAPONAIS EN FRANCE


organisé par la Maison de la Culture du Japon à Paris et par le Comité pour l’Enseignement du Japonais en France (CEJF)

DEUXIÈME PARTIE :


1) Communications de François Macé et Emmanuel Lozerand, tous deux professeurs à l’Inalco, consacrées à l’agrégation exterme de japonais.

F. Macé annonce qu’un concours d’agrégation de langue et culture japonaises sera organisé en 2006. Le programme des épreuves d’admissibilité et d’admission a été publié dans le B.O. de 19/05/2005 (p. 25-26).

Le nouveau président du jury sera prochainement nommé (E. Lozerand). Une réunion d’information sera organisée à l’Inalco, le 5 juillet prochain. Des modifications sont intervenues dans l’organisation des épreuves (oral plus léger, l’épreuve de langue classique sera donnée en français, les intitulés des épreuves ont été reprofilés, etc.).

Si des assurances ont été données par la Direction des personnels de l’Education Nationale quant à la pérennité du concours, des incertitudes demeurent sur le nombre de postes proposés ainsi que sur la périodicité du concours.

Est également notée la dissociation qui existe, s’agissant de notre discipline, entre le titre d’agrégé et les concours de recrutement à l’Université. A la différence d’autres langues, l’agrégation n’est pas du tout considérée comme une qualification nécessaire pour être recruté comme Maître de conférences de Japonais à l’Université.

De nombreux agrégés assurent cependant des cours à l’Université. Plus de la moitié des agrégés est " passée " dans le supérieur. Le nombre de postes de PRAG a été fluctuant au cours des dernières années.

E. Lozerand évoque l’importance de la préparation à l’agrégation qui devrait, selon lui, offrir l’occasion d’améliorer la formation au niveau avancé. Un financement devrait être assuré par l’IUFM. Les cours devraient être assurés à l’Inalco et à l’Université Paris 7. La préparation devrait par ailleurs s’étaler sur deux ans. Alors que la formation en langue et culture japonaises à l’Université tend à concentrer ses forces sur le niveau débutant et le niveau moyen, E. Lozerand souligne le rôle que pourrait jouer le concours d’agrégation dans la définition de normes de qualité en matière de traduction ou encore d’expression orale en japonais.

En réponse à une question posée par le public, une discussion s’engage autour de la formation à la pédagogie. Il est rappelé que l’agrégation de japonais, comme toutes les autres agrégations, ne prévoit pas d’épreuve de pédagogie. Cet aspect-là est normalement pris en charge par l’IUFM. Cependant, on constate que l’IUFM n’apporte aucune réponse aux questions que se posent les enseignants de japonais. Il est également noté que l’enseignement du japonais, tel qu’il se pratique généralement, a été conçu pour un public d’adultes, et qu’il est inadapté au jeune public des collèges et des lycées. Une adaptation est donc nécessaire.

2) Communication de Frédérique Barazer (Professeur agrégée au Lycée Ampère) sur le Capes externe de japonais, préparée en association avec Reiko Shimamori ((Maître de conférences à l’Univ. Lyon3)


Pour parvenir à rédiger un argumentaire en faveur de la création d’un CAPES externe de japonais, les deux enseignantes ont entrepris un état des lieux de l’enseignement du japonais dans le secondaire. Enseignent actuellement dans le secondaire, des enseignants titulaires, parmi lesquels les enseignants agrégés et les certifiés (CAPES réservé), des enseignants non titulaires : maîtres auxiliaires, des contractuels.

Concernant le CAPES réservé, il faut noter qu’il n’y a pas d’épreuve écrite anonyme, pas d’épreuve de pratique de la langue. L’épreuve orale consiste en un exposé en français des méthodes d’enseignement. Une Licence est exigée mais pas forcément une Licence de Japonais. Aucun contrôle du niveau de connaissance du japonais oral n’est imposé. En découle une disparité assez grande dans le niveau de compétence des enseignants.

Plus globalement, faute de programmes définissant les épreuves de Bac en LV1 et LV2, ou encore par ignorance des programmes existants (LV3) et des instructions relatives à l’organisation des épreuves (BO), la coordination et l’harmonisation sont insuffisantes entre les cours dispensés dans les établissements secondaires. Le niveau requis varie beaucoup d’un établissement à l’autre. Pose des difficultés insurmontables pour les élèves qui changent d’établissement.

Le manque de compétence des enseignants se reflète dans la préparation des sujets de Bac. Seul un très petit nombre d’enseignants est capable d’assurer la rédaction de ces sujets.

Tous ces facteurs portent atteinte à la crédibilité de l’enseignement du japonais dans le secondaire.

On note également que l’enseignement du japonais est assuré en grande partie par des enseignants en situation précaire. Les titularisations sont rares. L’administration s’appuie largement sur l’emploi de maîtres auxiliaires, qui sont payés à l’heure. Il existe également un certain nombre d’enseignants d’origine japonaise, parmi les contractuels et les vacataires. On note cependant que cette solution a permis d’assurer des cours de japonais dans des régions ou des dans des établissements où ils auraient été sinon inconcevables.

Il faut savoir qu’un enseignant titulaire a souvent du mal à faire un service complet. Une cursus complet en LV2 compte au total 13heures. 1 cursus en LV2, 8h1/2. Ce qui ne fait pas un service complet. Les enseignants sont en général titulaires sur une zone de remplacement. Il faut savoir également que les heures sont parfois allégées faute de moyens, alors que le programme reste inchangé.


UN CAPES EXTERNE, POURQUOI FAIRE ?
Conduirait à la disparition du CAPES réservé.
Mettrait en place un programme d’études et des normes de compétence bien définis. Il y aurait des épreuves écrites d’admissibilité qui définiraient des compétences dans les deux langues, des épreuves orales de japonais, une épreuve de pédagogie éventuelle.

Le recrutement s’effectuerait au niveau des titulaires de la Licence de Japonais.

Les lauréats bénéficieraient d’une formation à l’IUFM au cours de laquelle ils prendraient connaissance des textes officiels. Le concours permettrait de rehausser les compétences des enseignants mais aussi d’homogénéiser leur profil.

La création d’un CAPES externe de japonais permettrait enfin de proposer une offre plus cohérente et plus homogène sur tout le territoire. Elle permettrait qu’un cursus LV2 soit proposé dans au moins un établissement pour chaque grande ville de France.

3) Communication de François Macé (Professeur à l’INALCO) et de Lionel Mérand (Professeur agrégé au Lycée Jean de la Fontaine) sur la constitution d’un comité de programme pour les LV 1, 2 et 3.


Il est d’abord rappelé qu’un programme existe depuis septembre 1987 pour la LV3. A partir de son expérience d’enseignement au Lycée La Fontaine, où le japonais est proposé en LV1 et en LV2, un certain nombre de remarques peuvent être faites. Un programme comporte plusieurs aspects : il renvoie à des compétences communes à toute langue vivante ainsi qu’à des dispositions spécifiques. Le programme LV3 existant se compose d’un programme grammatical et des dispositions relatives à l’écriture. Mais il faudrait le compléter par un programme lexical, c’est-à-dire l’indication d’acquis lexicaux correspondant à chaque niveau d’apprentissage ainsi que par des un ensemble de savoir-faire (tournures/graphies). On pourra s’aider dans ce travail du Programme européen d’enseignement du japonais qui définit pour chaque niveau I, II, III, des savoir-faire et des lexiques.

Au Lycée La Fontaine, on constate qu’en dépit des conditions relativement favorables (équipe enseignante fournieet travaillant en étroite coordination), des accidents se produisent au Bac. On peut lier ces accidents à l’absence de programmes définis.

Pour ce qui concerne le nombre de kanjis, on rappelle que pour le LV3 (3 ans d’apprentissage au Lycée), 60 à 100 kanjis nouveau sont introduits chaque année. Pour le LV2, la connaissance de 400 kanjis est exigée au Bac, pour le LV1, 660.

Il faudrait donc qu’un Comité se constitue au plus tôt et qu’il travaille selon un calendrier fixé pour parvenir à une publication rapide des programmes.

F. Macé fait remarquer que ce comité devra recevoir officiellement l’aval du Ministère et qu’il devrait se composer d’un groupe restreint d’enseignants pour des raisons d’efficacité. Il pourrait se donner un délai d’un an pour atteindre son objectif. Dès que les programmes seront prêts, ils pourront être diffusés auprès de la communauté des enseignants, sans attendre qu’ils soient publiés dans le B.O.

Mme Oka intervient pour rappeler que ce travail pourra être mené assez rapidement dans la mesure où des normes ont déjà été définies dans le cadre des programmes financés par la Japan Foundation (Standard de l’enseignement de la langue japonaise).

Il est rappelé pour finir que les programmes peuvent toujours être à tout moment retouchés et améliorés et qu’il ne faudrait surtout pas retarder leur publication par souci de perfection. L’objectif est bien de fournir au plus tôt un cadre de travail pour les enseignants.

L’apprentissage de la langue s’effectuant toujours en association avec l’apprentissage de la culture, est évoquée aussi la nécessité d’un manuel de présentation du Japon et de sa culture à l’intention des collégiens et des lycéens.

4) Communication de Marion Saucier (Professeur agrégée à l’INALCO), Tomoko Higashi (Maître de conférences à l’Univ. Grenoble 3) et Yoko Ishii (Maître de conférences à l’Ecole Polytechnique) sur la formation continue.


Pour améliorer la qualité de l’enseignement du japonais dans le secondaire et le supérieur, des solutions peuvent être recherchées sous forme de stages organisés éventuellement avec l’aide d’un expert en didactique du japonais, missionné par la Fondation du Japon. Quel contenu pourrait avoir cette formation continue ?


- mise en niveau en matière de nouvelles technologies
- questions de pédagogie
- atelier ciblé sur certaines questions d’enseignements

Reste la question du statut à donner à cette formation continue, des conditions à remplir pour y accéder.


Il conviendrait de recenser les problèmes, d’en dresser une liste, notamment sur des questions comme la gestion d’une classe hétérogène.

Une base de données relative à l’état de l’enseignement du japonais dans le secondaire pourrait être constituée avec le soutien de la Fondation du Japon, ce qui permettrait une meilleure connaissance du terrain. On sait déjà que le nombre d’enseignants est de 322 dans l’Education nationale.

En ce qui concerne le statut de la formation, on pourrait également envisager d’ouvrir un cursus à l’Université pour former les enseignants. L’enseignement en didactique du Chinois proposé à l’Inalco est cité en exemple.

Il est rappelé que la Fondation du Japon propose plusieurs formules de stages de formation pour les enseignants " natifs " et non " natifs " dont la qualité est reconnue de tous. On pourra trouver les renseignements sur le site de la Fondation.

Les représentants de la Fondation font remarquer que dans le cas où un expert serait missionné, il faudrait néanmoins un intermédiaire entre l’expert et le public enseignant en France dont la tâche consisterait à adapter les informations réunies.

A noter que des stages pourraient être mis en place dans le cadre de l’IUFM, l’essentiel étant que contenu et le coût de ces formations soit évalué au préalable. L’IUFM est demandeur de ces stages.

Est également évoqué le problème posé par l’intégration à l’Université des étudiants qui ont déjà étudié le japonais dans le secondaire.

5) Conclusion. Calendrier de travail, par François Macé (Professeur à l’INALCO) et Yoko Ishii (Maître de conférences à Ecole Polytechnique)


L’atelier a permis de dégager l’urgence de la mise en place d’un comité pour la rédaction de programmes pour l’enseignement du japonais en LV1, LV2 et LV3. Sont désignés comme coordinateurs Lionel Mérand et Jean Bazantay.

Un argumentaire pour la création d’un CAPES externe sera également rédigé. Mesdames Barazer et Shimamori sont désignées comme coordinatrices.

Il importe que tous les enseignants souhaitant participer à ces actions se mettent en contact avec les responsables ci-dessus désignés ;

Enfin, la question de la formation devrait être approfondie par Mesdames Higashi, Saucier et Ishii en collaboration avec tous les enseignants qui souhaiteront s’y associer.

Pour finir, Mme Oka souligne la nécessité de représentants officiels du Comité de soutien de l’enseignement du japonais. Les noms de Mme Cécile Sakai comme présidente et de Mme Ishii comme trésorière sont évoqués.


Compte rendu par A. Horiuchi

 

 

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