ITÔ Satoshi


Evolution du concept de kami (divinité) au cours de l’époque médiévale

Bien que l’histoire des croyances envers les divinités célestes et terrestres (jingi) ait été largement influencé par le syncrétisme shintô-bouddhisme (shinbutsu shûgô) après l’introduction de ce dernier au Japon, l’idée selon laquelle cette influence ne serait que superficielle et que les kami n’ont pas subi de changement essentiel reste tenace. Face à cela, je pense que le concept de kami japonais a radicalement changé de nature au contact du bouddhisme et de la pensée chinoise, et que la période charnière en a été le moyen-âge. En fait, de nombreux aspects de nos jours considérés comme des éléments fondamentaux du concept de kami remontent au moyen-âge, ce qui relativise les préjugés concernant l’immuabilité ou la spécificité des croyances aux kami. Le présent exposé a pour objectif de creuser la question d’un de ces nouveaux concepts, concernant les kami, né au moyen-âge : l’intériorisation du kami. Les notions de kami qui seraient dans notre esprit (kokoro), ou celle prônant l’identité de l’esprit avec le kami, sont des idées nées de la pensée du honji suijaku ou encore du shintô médiéval. J’aimerais réfléchir à l’importance de ce concept au sein de la culture religieuse japonaise, en analysant son processus de formation et l’influence qu’il a eue sur les générations ultérieures.

 


ITÔ Satoshi
Né en 1961. Professeur à la faculté de littérature et de sciences humaines de l’université d’Ibaraki.
Spécialité : pensée japonaise, en particulier les phénomènes de syncrétisme entre le shintô et le bouddhisme à l’époque médiévale.
Principaux ouvrages : Ryôbu shintô (Le Shintô des Deux Parties), coll. Shinpuku-ji zenpon sôkan 6 ; Wordmap Shintô (co-auteur), Ôken to jingi (Pouvoir impérial et divinités célestes et terrestres) (co-auteur).