KOJIMA Naoko


La "Poésie de la fille dévouée Shiragiku (Kôjo Shiragiku no uta)" et "Le conte du coupeur de bambous (Taketori monogatari)" – la poésie de forme nouvelle (shintai-shi) de l’ère Meiji et les biographies d’enfants dévoués (kôshi-den)

Comment la littérature classique a-t-elle influencé l’imaginaire littéraire des époques moderne et contemporaine au Japon ? Le rôle de la littérature classique au cours de la formation de l’Etat démocratique moderne est un thème qui retient particulièrement l’attention récemment.
J’ai l’intention de présenter dans ce colloque comment "Le conte du coupeur de bambous", écrit au début de l’époque Heian, a été intégré dans la littérature nationale de l’ère Meiji. En ce qui concerne l’ère Shôwa, dans "Les illusions de la princesse Kaguya", j’ai déjà proposé de considérer "Le conte du coupeur de bambous" comme un " pré-texte " de La mer de la fertilité (Hojô no umi) de Mishima Yukio; réflexion qui a été prise en compte du côté des spécialistes de Mishima. Pour l’ère Meiji, des spécialistes de Higuchi Ichiyô ont analysé ses œuvres en s’appuyant sur "Les illusions de la princesse Kaguya". "Le conte du coupeur de bambous" renferme donc quelque chose qui stimule l’imaginaire littéraire de l’époque moderne et contemporaine. Ici, j’analyserai ces points à partir des références au " Conte du coupeur de bambous " dans le poème de forme nouvelle "La poésie de la fille dévouée, Shiragiku ". Là, dans le cadre de la constitution d’un repère pour la famille (ie) moderne, l’auteur reprend habilement les rapports entre le vieillard et la princesse du "Conte du coupeur de bambous " . On peut ainsi retracer la filiation des biographies d’enfants dévoués tout au long de l’époque médiévale et pré moderne, mais pourquoi est-il nécessaire de se référer la littérature de cour ? Le paradigme de cent ans de l’époque moderne s’est constitué, sur certains points, au travers de recoupements avec une littérature de cour distante de neuf à dix siècles. Je voudrais reconsidérer, en tant que phénomène représentatif de cela, la réception du " Conte du coupeur de bambous" au cours de la période de formation de la littérature japonaise de Meiji.

 


KOJIMA Naoko

Née en 1952. Professeur à la faculté des lettres de l’université de Rikkyô.
Spécialités : littératures japonaises ancienne et moderne.
Principaux ouvrages : Kaguyahimegennsô-kôken to kiki (L’illusion de la princesse Kaguya : pouvoir impérial et tabous), éd. Shin.wa-sha ; Genji monogatari hihyô (Critique du Dit du Genji), Yûseidô.