SIXIEME COLLOQUE DE LA SOCIETE FRANÇAISE DES ETUDES JAPONAISES

 

SESSION ARTS DU SPECTACLE


18/12/04 14h30 Virginie FERMAUD-REIBEL
Université Marc Bloch, Strasbourg

Le rôle de l’Histoire dans les œuvres d’Imamura Shôhei

« En général, je suis attiré par les périodes de transition. J’avais 18 ans à la fin de la guerre et j’ai vu le monde changer radicalement. J’ai découvert une certaine liberté..... […] J’ai mené l’existence des petits truands et je suis devenu cinéaste. J’avais une responsabilité : raconter des histoires, l’Histoire. J’ai voulu revenir à ce qui est japonais. Ma vision de l’Histoire est une quête du Japon. » (1)

Imamura Shôhei, né en 1926, a réalisé plus d’une vingtaine de films ainsi que plusieurs documentaires pour la télévision. Que ressort-il de son œuvre ? Un goût sans limite pour les « destins individuels », une nécessité de décrire l’homme tel qu’il est dans la société où il vit, une passion pour l’énergie des plus faibles et pour la force des femmes qui s’adaptent, qui luttent et qui sont, incontestablement, l’avenir de l’homme.

Le dénominateur commun de toutes ces œuvres est, invariablement, les conséquences de l’Histoire ou des évènements historiques sur la société et l’existence humaine.

En effet, dans ses films, les « périodes de transition » font souvent office d’arrière plan. C’est le cas notamment dans Eejanaika (Pourquoi Pas ?), où il décrit, avec beaucoup d’humour, de couleurs et d’énergie, la période du bakumatsu, les difficultés de passer d’une époque à une autre, de faire un grand pas en avant.

La période la plus récurrente reste tout de même celle de la fin de la 2ème guerre mondiale, celle qui l’a le plus marqué. Et ceci à plusieurs niveaux : la persévérance, pendant la guerre et à contre-courant, de certaines personnes pour la vie et l’amour des hommes (Kanzô Sensei, Docteur Akagi), les conséquences dramatiques, sur chaque individu, des retombées radioactives après les bombardements de Hiroshima (Kuroi Ame, Pluie Noire), plus tard, l’aliénation de l’homme par appât du gain et son inévitable renfermement sur lui-même (Unagi, L’Anguille).

Finalement, à travers l’ensemble de son œuvre, Imamura Shôhei nous expose, avec tout son humanisme, sa sensibilité et son humour, son angoisse sur le devenir de la société.
Dans une interview à propos de Narayama bushikô (La Ballade de Narayama), relatée dans la Revue Image et Son n°386 en septembre 1983, il dit : « Le Japon d’avant-guerre était certes plus pauvre, mais les gens du peuple y avaient plus de cœur, ils étaient moins motivés par l’argent, l’abondance. La société actuelle m’apparaît comme une illusion, et la vie décrite dans Narayama bushikô comme la vie réelle, naturelle : pour moi, le Japon actuel est une illusion. »

Nous tâcherons de comprendre, à travers l’étude de quelques œuvres du cinéaste ainsi que par les ouvrages spécialisés, quelles sont, pour Imamura, les influences précises des évènements historiques récents sur l’existence humaine.

1. Citation d’Imamura Shôhei, mentionnée dans “Zegen” d’Imamura, la solution de survie, de Colette Godard, Le Monde, 24 novembre 1987.


18/12/04 15h00 HAYASHI Masakazu
Université Paris 3

Aspects de l'influence de l'héritage du théâtre japonais
sur le travail de la compagnie Ku Na'uka

Après le faste des années 80 dominées par les théâtres « commerciaux » au Japon, plusieurs compagnies théâtrales à vocation artistique se sont imposées au cours des années 90. La compagnie Ku Na’uka dirigée par MIYAGI Satoshi se rattache à cette mouvance. En créant depuis sa fondation en 1990 plus d’une quinzaine de pièces, elle a été récemment couronnée de plusieurs prix. Son répertoire englobe non seulement les grands classiques occidentaux (Antiquité grecque, Shakespeare), mais aussi les pièces d’auteurs japonais tels que IZUMI Kyôka, TSURUYA Nanboku et MISHIMA Yukio; ceci est très rare, aujourd’hui, dans le paysage théâtral japonais.

Comme son nom l’indique (Ku Na’uka signifie ‘vers la science’ en russe), la compagnie affiche une volonté de conjuguer l’art et la rigueur de la science, laquelle n’est pas sans rappeler l’idée de Meyerhold. Le plateau est ainsi régi par des structures formelles précises élaborées à l’issue de réflexions sur la corporalité dans les traditions japonaises du Nô, du Bunraku et du Kabuki.

Son travail repose dans la plupart des cas sur la méthode radicale de la séparation des acteurs disant et jouant, ce qui correspond à la distance entre voix et corps, parole et mouvement, comme la caisse de résonance de ces deux éléments. Ceci crée un bipolarisme entre les acteurs qui ne font que réciter leur texte et ceux qui s’accordent à la chorégraphie minutieuse des gestes, à la manière des marionnettes du Bunraku. Cette espèce de ‘mutilation’ entre deux corporalités se révèle être un formidable outil de la vérité théâtrale sur le plateau. Quant à la mise en image de la scène, les influences du Kabuki sont visibles, en référence à la magnificence des costumes ou des maquillages.
Ku Nau’ka s’inscrit ainsi dans la filiation de ses aînés tels que SUZUKI, TERAYAMA, KARA, des metteurs en scène issus du mouvement avant-gardiste des années 60-70 (shôgekijô undô appelé plus couramment Angura) qui ont aussi reconsidéré la tradition japonaise, en rompant avec les partisans de Shingeki.


18/12/04 15h30 Kacem ZOUGHARI
INALCO

Histoire du mouvement dans les arts martiaux japonais :
histoire, structure et pensée

« Se connaître, c’est observer son mouvement, sa propre action, en relation avec autrui. Ce relationnel est un processus d’introspection. La relation est le miroir dans lequel s’opère cette découverte : être en mouvement signifie être en relation. ».. Ainsi s’exprimait Al Razi (Rhazès), religieux, médecin et homme de science du 9e siècle après J.C.

Tout comme Al Razi, des maîtres japonais d’arts martiaux de premier plan à commencer par Kami Izumi Nobutsuna (1508-1577), Yagyû Muneyoshi (1529-1606), Yagyû Munenori (1571-1646), Ittô Itôsai (1550-1618), Miyamoto Musashi (1584-1646), Issai Chozanshi (1659-1741), Yamaoka Tesshû (1836-1888), Takahashi Deishû (1835-1903) ont développé une profonde conscientisation du mouvement au travers de leur pratique de l’art martial. Toutes leurs découvertes ainsi que la structure du mouvement dans leur pratique personnelle des arts martiaux ont été soigneusement notées et conservées dans des livres et rouleaux de transmission du savoir technique nommés densho, makimono, e-maki, kuden-sho et shuki.

Avant la période d’Edo (1603-1868), la pratique des arts martiaux était une pratique solitaire et la transmission de cette pratique était restreinte à une personne au sein d’une élite appartenant elle-même à la classe guerrière. Les écoles sont très peu nombreuses et ne possèdent pas de lieu d’exercice, de type dôjô, déterminé ou connu publiquement. Le savoir technique quand à lui n’est pas diffusé à grande échelle mais plutôt présenté aux hommes forts du moment, qui restent toujours des guerriers. L’essence même de ce savoir reste l’apanage exclusif du maître ou fondateur du style. Sa diffusion reste intimement liée aux déplacements du maître qui voyage dans tout le Japon afin de parfaire sa pratique personnelle.

Cependant, La période d’Edo va marquer un grand changement dans ce mode de transmission initiatique du savoir technique et donc de la manière de se mouvoir. En effet, la période d’Edo se démarque des autres par une longue période de paix où le statut des guerriers va changer profondément, et favoriser ainsi la diffusion de l’enseignement dans toutes les classes sociales au travers de l’établissement de lieux reconnus, de démonstrations publiques, de formation de groupes et de cercles d’adeptes plus importants.

A cela s’ajoute la prolifération de nouvelles écoles, la rédaction de documents de transmission de plus en plus sophistiqués, une recherche qui tend vers une spécialisation technique qui sera l’embryon de la naissance des kendô, jûdô, aikidô, jôdô, battô-dô, iai-dô créés durant la période Meiji (1868-1912). Le passage de la transmission initiatique du savoir technique au sein d’une élite à l’ouverture de l’enseignement à toutes les classes sociales va apporter un changement radical à la manière de se mouvoir.

Notre recherche vise à montrer les différentes interactions, les influences, les modifications et l’évolution qui ont changé la manière de se mouvoir dans les techniques de combat japonaises durant la période d’Edo. Cette démarche permettra de considérer ce que nous nommons, faute d’autre terme, « la culture du mouvement » qui découle des arts martiaux japonais, ceci loin de tous les clichés récurrents qui empêchent d’en appréhender la profonde signification.

Pour cela, nous utiliserons deux types de densho, makimono et e-maki écrits à différentes dates de la période d’Edo. Ceci permettra d’appréhender les modifications apportées sur le mouvement de base dispensé dans les toutes premières écoles d’arts martiaux reconnues desquelles naquirent les multiples écoles d’arts martiaux et auxquelles les budô modernes se réfèrent.


SESSION LANGAGE ET COMMUNICATION II


18/12/04 14h30 Nadine LUCAS
CNRS

Les phrases nominales dans le genre journalistique :
un moyen de contraste

Les phrases nominales se trouvent dans tous les genres en japonais, et beaucoup plus fréquemment que dans les textes français. En linguistique l'intérêt s'est porté sur les prédicats nominaux suivis de desu/da et des particules. Les phrases nominales sans da de l'écrit jouent un rôle dans la construction du discours, notamment dans la presse. Cette étude se situe à la frontière de la stylistique et de la grammaire de discours (Jakobson, 1971).

Les articles de journaux peuvent être comparés facilement dans différentes langues (van Dijk, 1985) et font l'objet de traitements automatiques. Nous avons exploité le site de presse Kyôdô en japonais et en anglais.

La phrase nominale n'est pas une forme réservée au titre en japonais. Les phrases nominales sont presque toujours utilisées dans le corps de texte, quel que soit le sujet traité et quelle que soit la longueur de l'article. Elles jouent un rôle important dans la structuration des ensembles thématiques, dans la vision japonaise du discours (Yamada, 1936). Elles servent d'introducteur d'un sous-thème. Elles ont aussi un rôle dans la constitution des plans, vision plus européenne (Jakobson, 1971; Karlgren, 2000). Nous envisageons l'emploi des phrases nominales comme un moyen de contraste, comparable à d'autres moyens disponibles dans d'autres langues, par exemple la détermination des groupes nominaux ou la pronominalisation (Fløttum, 2001). Nous étudierons les contextes pour les articles avec une ou quelques phrases nominales, puis des cas particuliers (emploi massif, absence).


18/12/04 15h00 TSUJI Sanae
Université Lyon 3

Réflexions sur les gitaigo redupliqués quadrisyllabiques

Les unités redupliquées en quatre syllabes sont les formes de gitaigo qui se confondent au lexique général de par leur nature peu onomatopéique et leur forme assimilable aux lexèmes redupliqués. D'une façon générale, la reduplication intensifie la valeur notionnelle, renforce l’idée de pluralité, de fréquence, de continuité et d'intensité, et enduit la part de subjectivité.
J'utilise ici le terme gitaigo pour désigner l'ensemble de giseigo-gitaigo, compte tenu que la majorité du vocabulaire onomatopéique suggère l’état ou la manière plutôt que le bruit. La forme quadrisyllabique en est une des typologies les plus représentatives.
Or, la différence des gitaigo avec les mots redupliqués, disons ordinaires, consiste en la capacité à créer des paradigmes dérivationnels à partir des formes basiques CVCV ainsi qu'en l’abstraction notionnelle qui n’efface pas totalement le reflet du monde concret. L’usage des gitaigo redupliqués procède principalement de la métaphorisation.

Dans la syntaxe, les gitaigo quadrisyllabiques, pourvus de valeur notionnelle définie, fonctionnent comme noms ou adverbes. La valeur notionnelle est intégralement préservée dans la composition verbale : c'est, entre autres, le verbe intransitif suru au sens de « sentir quelque chose se produire, percevoir, être dans l’état de » qui fournit aux unités notionnelles le moyen linguistique d’opérer en fonction verbale dans l’énoncé. Et le verbe suru se connecte avec le sémantisme essentiel de la reduplication, le point de vue subjectif.

Les expressions usuelles, où les gitaigo sont en fonction adverbiale, requièrent d’une bonne compatibilité sémantique avec les verbes. Dans ces constructions, les gitaigo placés à gauche des verbes jouent le rôle d’adverbe appréciatif, en tant que complément de manière. Cependant la position syntaxique des gitaigo ne limite pas leur portée aux seuls verbes ou prédicats ; ils peuvent porter sémantiquement sur les noms (sujet ou objet).

Le but de cet exposé est de présenter le phénomène de concordance sémantique entre les éléments de la syntaxe dans les énoncés avec les gitaigo quadrisyllabiques, à travers quelques réflexions sur les effets de sens dus à leur position dans l’énoncé ainsi qu’à la cooccurrence de la particule TO.


18/12/04 15h30 IWAUCHI Kayoko
Université Paris 7 / EHESS

Injonctifs blessants

Les énoncés offensifs sont peu étudiés. Parmi les énoncés offensifs nous nous proposons ici particulièrement d’analyser les énoncés injonctifs par lesquels le récepteur est blessé.

Définition d’un injonctif blessant
Nous définissons un injonctif tel qu’un énoncé par lequel le locuteur donne un ordre ou fait une demande à son interlocuteur. Parmi les injonctifs nous désignons ceux qui sont susceptibles de blesser l’interlocuteur par le terme « injonctif blessant ».

Objectif
Nous voudrions éclarcir le mécanisme d’injonctif blessant suivant deux axes, l’axe morpho-syntaxique et l’axe lexical.

Données
Les énoncés contenant un injonctif par lequel le récepteur de l’énoncé, ou le délocuté de l’énoncé manifeste sa blessure.

Résultat d’analyse

1) Analyse morpho-syntaxique
Syntaxiquement il y a trois types d’injonctifs tels que l’injonctif simple, la proposition hypothétique et l’injonctif, la proposition causale et l’injonctif. Morphologiquement nous avons enregistré 11 types. L’ensemble des injonctifs directs (ike du verbe iku“aller”) et d’interdiction (ikuna du verbe iku “aller”) occupe 75% de tous.

2) Analyse lexicale
Nous avons enregistré des verbes pour les stratégies suivantes.
Les injonctifs par lesquels le récepteur est blessé
1. rejet du récepteur (sine : meurs)
2. éloigner le récepteur (dokka ike : va ailleurs)
3. interdiction (kuuna : ne mange pas)
4. autres
Les injonctifs par lesquels le délocuté est blessé (l’injonctif a été adressé en la présence du délocuté)
1 isoler le délocuté (issyoni asobuna : ne joue pas avec lui)
2 Incantatoire (norowarero : sois maudite)
3 Dévaloriser le délocuté (ano dekisokonai no gaki mitainiwa naruna : ne sois pas comme l’enfant mal éduqué.)
4. autres

Conclusion
Les injonctifs blessants ont une spécificité au point de vue morpho-syntaxique aussi bien que lexicale. Le récepteur identifie cette spécificité et cela le blesse.


18/12/04 16h30 KAWAKAMI Yuka
INALCO / EHESS

Le système et la fonction du rire dans l’interaction en japonaisLe rire a fait l’objet d’études dans plusieurs domaines, mais personne, jusqu’à présent, n’est parvenu à percer son mystère. En linguistique, les chercheurs ne prêtent pas attention au rire pour deux raisons : la définition référentielle de telles vocalisations non lexicales est problématique ; elles semblent de surcroît secondaires et futiles ou encore insignifiantes. Cependant, le rire est un signifiant d’interaction pour les participants eux-mêmes, et il a été étudié par des chercheurs qui se sont intéressés aux processus dynamiques du discours parlé. De plus, le rire est placé très prudemment par les participants pendant l’énonciation pour atteindre les objectifs de l’interaction. Le rire est un phénomène organisé socialement, non seulement par son mode production mais encore par l’intérêt que lui portent les participants dans l’interaction.

Dans cet exposé, nous nous proposons de montrer le système et la fonction du rire dans l’interaction en japonais dans le cadre de l’approche de l’analyse conversationnelle. A partir d’interactions enregistrées (des interviews en japonais entre des élèves français et des Japonais, et des conversations entre Japonais), nous examinerons le rire en tant que ressource interactionnelle. Nous nous proposons de répondre aux questions suivantes : comment et quand le rire se produit, quelle est sa fonction et comment est-il orienté et interprété par les participants.

Pour ce faire, nous observerons le rapport entre les placements du rire (qui se situe soit au tour initial, soit pendant l’énonciation, soit au tour final) et sa fonction, en tenant compte de la situation et du contexte (qui peut être soit l’invitation à rire par le locuteur, soit la conservation d’une circonstance amicale entre les participants, soit la manifestation d’une gêne ou d’un embarras déguisé, soit encore l’expression d’un changement du sujet). Nous chercherons ainsi à éclaircir le rôle du rire dans l’interaction. Nous montrerons notamment son caractère instinctif et, paradoxalement, méthodique. Nous verrons qu’il est coordonné et organisé socialement. De plus, nous espérons montrer comment le rire contribue à la construction d’alignements et d’affinités entre les participants pour atteindre les objectifs de l’interaction.

 


CONFERENCE DE CLOTURE


19/12/04 11h00 NINOMIYA Masayuki
Professeur honoraire à l’Université de Genève

L’après-guerre d’un «ultra-nationaliste» :
YASUDA Yojûrô (1910-1981)

En mai 1946, Yasuda Yojûrô, démobilisé, revient au Japon de la Chine et retourne immédiatement à Sakurai, son pays natal. Retiré au cœur du berceau de la culture japonaise, l’écrivain se consacre désormais au travail de paysan.

Après la défaite cinglante de l’Empire, quelle sera la position de ce penseur poète qui a su charmer et exalter toute une génération de jeunes Japonais par ses nombreux essais envoûtants sur les valeurs nationales ? Avec son image du Japon qui s’oppose en tant qu’ironie à la modernisation à l’occidentale, son éthique fondée sur le romantisme mystique de savoir s’anéantir et, plus tard, ses propos charismatiques sur la mission salutaire de l’empire, comment peut-il faire face à la nouvelle époque de la reconstruction démocratique sous la surveillance étroite des Américains ? Du mois de mars 1948 jusqu’au mois d’août 1951, il sera en effet exclu de la fonction publique. Ses compères d’autrefois le désignent comme responsable de la Guerre, le monde des média qui le choyait jusqu’hier le rejette et la grande majorité des intellectuels le considèrent comme un tabou. Et pourtant, Yasuda Yojûrô persiste à écrire sans jamais désavouer sa ligne fondamentale et retrouve dans une certaine mesure son audience vers le milieu des années 1960.

La matière est « explosive », mais très riche de significations. Nous analyserons en particulier ses écrits du juste après-guerre afin de dégager le fondement et la continuité de sa pensée qui interrogerait justement aujourd’hui tous ceux qui s’intéressent à l’avenir du Japon.